Des hommes armés ont attaqué, le 18 février 2026, un convoi humanitaire dans le territoire de Rutshuru, à l’est de la RDC. Un camion de Médecins sans frontières et un véhicule du Norwegian Refugee Council figurent parmi les cibles. Cette nouvelle attaque illustre la dégradation persistante des conditions de sécurité dans une région déjà fortement touchée par les violences.

Une embuscade en pleine zone sous contrôle AFC/M23

Le 18 février 2026, des hommes armés ont tendu une embuscade à Mayi ya Moto, dans le territoire de Rutshuru, à l’est de la République démocratique du Congo. L’attaque s’est produite dans une zone actuellement contrôlée par l’AFC/M23.

Selon des sources locales jointes par RFI, les assaillants ont ciblé plusieurs véhicules circulant sur cet axe, dont un camion de Médecins sans frontières (MSF) qui transportait des fournitures médicales vers la zone de santé de Kibirizi. Un véhicule du Norwegian Refugee Council (NRC) ainsi que des taxis-motos empruntant la même route ont également été pris dans l’attaque.

À ce stade, les autorités ne parviennent pas à identifier formellement les auteurs. La zone était auparavant sous le contrôle des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), avant de passer sous celui de l’AFC/M23.

Des humanitaires violemment menacés

D’après les informations recueillies, une dizaine d’hommes en civil, mais armés, se sont positionnés de part et d’autre de la route avant de passer à l’action à la mi-journée.

Les assaillants ont violemment menacé les occupants du camion de MSF, les contraignant à s’agenouiller sous la menace de fusils et de machettes. Le chauffeur de l’organisation a été blessé au cours de l’attaque.

Par ailleurs, les assaillants ont vidé le véhicule du NRC de biens de première nécessité destinés aux populations vulnérables. Ils ont également passé à tabac plusieurs chauffeurs de taxis-motos et d’autres civils, qu’ils ont dépouillés avant de les déshabiller.


Un contexte sécuritaire alarmant

Cette attaque survient dans un contexte d’insécurité persistante à l’est de la RDC, marqué par des affrontements récurrents et d’importants déplacements de populations. L’accès humanitaire y demeure extrêmement limité.

En 2025, le Bureau de coordination des affaires humanitaires des Nations unies (Ocha) a recensé 626 incidents affectant des acteurs humanitaires sur l’ensemble du territoire congolais. Pour le seul mois de décembre, 48 incidents ont été enregistrés, dont la moitié dans le Sud-Kivu. Le Nord-Kivu et l’Ituri figurent également parmi les provinces les plus touchées.

Ainsi, l’attaque du 18 février rappelle la vulnérabilité persistante des organisations humanitaires et des civils dans une région où l’instabilité sécuritaire continue d’entraver l’assistance aux populations.

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