Réuni à Washington lors d’un Conseil de la paix convoqué par Donald Trump, le Maroc a officiellement annoncé son intégration à la nouvelle Force internationale de stabilisation (ISF) destinée à Gaza. Objectif : sécuriser le territoire en phase post-conflit, protéger les couloirs humanitaires et prévenir toute résurgence armée. Rabat prévoit l’envoi de troupes et une contribution financière au plan de secours international.

Une force internationale pour l’après-conflit

À l’initiative du président américain Donald Trump, le Conseil de la paix organisé à Washington a permis de préciser les contours de l’ISF, la nouvelle force internationale appelée à intervenir dans la bande de Gaza durant la phase post-conflit.

Cette coalition vise à sécuriser les corridors humanitaires, stabiliser les zones sensibles et empêcher la reprise des affrontements armés. Parmi les États engagés figurent l’Indonésie, le Kazakhstan, le Kosovo, l’Albanie et désormais le Maroc.

Le Royaume chérifien prévoit de déployer ses troupes principalement du côté de Rafah, au sud de Gaza. Selon certaines sources, le contingent marocain pourrait atteindre jusqu’à 20 000 soldats.

Un engagement militaire et financier

Au-delà du volet sécuritaire, Rabat a également annoncé une contribution financière au plan international de secours pour Gaza. Neuf pays se sont engagés à mobiliser un total de sept milliards de dollars pour soutenir la reconstruction et l’aide humanitaire.

Présent à Washington, le ministre marocain des Affaires étrangères Nasser Bourita a affirmé que « le Maroc s’engage à honorer la vision de paix du président Trump », soulignant ainsi la dimension politique de cet engagement.

Un positionnement stratégique pour Rabat

Pour Sébastien Boussois, chercheur spécialiste du Moyen-Orient à l’Institut géopolitique de Bruxelles, cette initiative traduit un « engagement multidimensionnel » de la part du Maroc. Selon lui, cette participation renforcera davantage les relations entre Rabat et les capitales occidentales, tout en consolidant son rôle diplomatique dans la région.

En effet, le Maroc entretient des relations étroites avec Washington et fait partie des signataires des Accords d’Abraham, conclus en 2020 pour normaliser les relations avec Israël. Par ailleurs, le Royaume préside le Comité Al-Qods de l’Organisation de la coopération islamique, chargé de la défense du statut de Jérusalem.

Dans ce contexte, Rabat apparaît comme un interlocuteur clé entre Israël et la Palestine, capable de conjuguer coopération stratégique avec les États-Unis et plaidoyer en faveur des droits des Palestiniens, notamment face à la politique de colonisation en Cisjordanie.

Avec cette double implication militaire et financière, le Maroc confirme ainsi son ambition de peser dans la recomposition diplomatique et sécuritaire du Proche-Orient, tout en consolidant son statut d’acteur régional incontournable.

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