Les bulletins de paie de février 2026 provoquent la colère des enseignants grévistes. Les retenues opérées par l’État risquent d’envenimer un climat social déjà fragile.
Une douche froide pour les enseignants
Alors que les acteurs du système éducatif espéraient une issue par le dialogue, la publication des salaires de février 2026 a refroidi les attentes. En effet, de nombreux enseignants grévistes ont découvert des retenues importantes sur leurs bulletins.
Cette décision intervient dans un contexte social déjà tendu au sein de l’école sénégalaise.
Le choc des chiffres sur les bulletins
Les preuves circulent rapidement dans les salles des professeurs et sur les réseaux d’enseignants. Sur les fiches de paie de février, la mention « FAIT_GREVE_ENSEIG_JANVIER_2026 » apparaît de manière systématique.
Selon plusieurs témoignages :
- certaines retenues varient entre 50 000 et plus de 100 000 FCFA ;
- dans certains cas, elles dépassent 200 000 FCFA.
Ainsi, ces ponctions peuvent amputer près du tiers du revenu mensuel de l’agent.
Une mesure qui fragilise le dialogue social
Pour de nombreux observateurs et responsables syndicaux, la décision de l’État ressemble davantage à une escalade qu’à une simple régulation administrative.
Un représentant syndical déplore que cette situation ne favorise ni l’apaisement ni la recherche de solutions durables. Dans un contexte où le dialogue reste attendu pour résoudre les crises récurrentes du secteur éducatif, ces retenues massives risquent d’accentuer les tensions.
Par ailleurs, la base enseignante, déjà éprouvée par l’inflation, interprète ces mesures comme une pression financière supplémentaire.
Vers une radicalisation du mouvement ?
L’effet recherché pourrait se retourner contre les autorités. En effet, loin de décourager les grévistes, ces « fiches de paie de la discorde » pourraient durcir les positions.
Lorsque les retenues dépassent parfois 200 000 FCFA cumulés avec d’autres ponctions, le risque d’une transformation du conflit professionnel en crise sociale plus large devient réel.
Dès lors, une question s’impose : comment restaurer la confiance autour de la table des négociations si la sanction financière précède le consensus ?
Les prochains jours s’annoncent déterminants pour la stabilité de l’année scolaire 2025-2026.
