Face aux bouleversements géopolitiques et technologiques mondiaux, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest réunit décideurs, experts et acteurs économiques en Côte d’Ivoire. L’objectif est clair : redéfinir une stratégie régionale capable de stimuler le commerce intra-africain et de construire un développement durable et inclusif à l’horizon 2050.

Abidjan au cœur de la réflexion régionale

Depuis hier et jusqu’au 6 mars, Abidjan devient le centre névralgique des discussions sur l’avenir économique de l’Afrique de l’Ouest.

Sous l’égide de la Commission de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest, une consultation régionale de haut niveau réunit experts, décideurs publics et représentants du secteur privé.

Cette rencontre stratégique vise à définir une nouvelle trajectoire économique pour la région et à préparer le prochain sommet extraordinaire des chefs d’État et de gouvernement de la Communauté.

Un héritage régional à moderniser

Depuis sa création en 1975, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest s’est imposée comme un modèle d’intégration régionale en Afrique.

Elle a notamment favorisé la libre circulation des personnes et renforcé la coopération sécuritaire.

Cependant, les mutations actuelles imposent une adaptation profonde des stratégies régionales. Les défis climatiques, la transformation numérique accélérée et l’instabilité géopolitique obligent désormais l’organisation à repenser son modèle d’intégration.

Lors de la cérémonie d’ouverture, Adama Dosso, ministre délégué chargé de l’Intégration africaine, a représenté le gouvernement ivoirien aux côtés d’experts internationaux, dont Mohamed Ibn Chambas, ainsi que de représentants du Parlement de la CEDEAO et de la Federation of West African Chambers of Commerce and Industry.

Sortir de la dépendance aux matières premières

Pour Kalilou Sylla, commissaire aux Affaires économiques de la CEDEAO, la priorité consiste à bâtir une organisation « centrée sur les personnes ».

Le défi reste considérable. Le commerce intra-régional demeure inférieur à 15 %, un niveau jugé insuffisant pour soutenir une véritable intégration économique.

Selon lui, cette consultation constitue une étape décisive pour construire une prospérité partagée et un développement inclusif.

Les groupes de travail étudient ainsi plusieurs pistes :

  • l’accélération de la mise en œuvre du marché commun régional ;
  • la suppression des barrières non tarifaires qui freinent les échanges ;
  • l’évaluation de la trajectoire vers une monnaie unique régionale ;
  • l’anticipation de l’impact des technologies émergentes sur l’emploi et l’industrie.

Femmes et jeunes au cœur de la transformation

Au-delà des questions économiques, la consultation accorde une place centrale à l’inclusion sociale.

Les participants estiment que la résilience de l’Afrique de l’Ouest dépendra fortement de l’implication des femmes et des jeunes, considérés comme les principaux moteurs de la transformation économique.

Les discussions portent également sur l’agriculture intelligente face au climat, afin de garantir une souveraineté alimentaire durable dans une région marquée par une croissance démographique rapide.

Vers la Vision 2050 de la CEDEAO

Les conclusions de ces quatre jours de travaux alimenteront la feuille de route de la Vision 2050 de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest.

L’ambition consiste à transformer l’Afrique de l’Ouest en un bloc économique solide, capable de peser dans une économie mondiale de plus en plus protectionniste.

Un panel spécial sera d’ailleurs consacré à l’expérience de la Côte d’Ivoire, souvent citée pour son dynamisme en matière d’intégration économique, afin d’inspirer de futures réformes à l’échelle régionale.

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