L’écrivain franco-algérien Kamel Daoud a annoncé, mercredi 22 avril 2026, avoir été condamné en Algérie à trois ans de prison ferme et à une lourde amende en raison de son roman Houris, récompensé par le prix Goncourt en 2024.
Dans un message publié sur le réseau social X, l’auteur a déclaré que le verdict avait été rendu le 21 avril. « Fait unique dans l’histoire algérienne : le verdict est tombé le 21 avril. Je suis condamné à trois ans de prison ferme et à cinq millions de dinars algériens d’amende », a-t-il écrit. Selon lui, cette condamnation s’appuie sur la Charte de la paix et de la réconciliation nationale.
L’affaire est liée au contenu du roman, qui aborde la « décennie noire » en Algérie, période marquée par la guerre civile entre 1992 et 2002. L’ouvrage raconte notamment le destin d’Aube, une jeune femme devenue muette après avoir été grièvement blessée lors d’une attaque islamiste en 1999 à Oran.
Les poursuites judiciaires portent sur des accusations de violation de la vie privée et du secret médical concernant l’histoire d’une survivante de cette période sanglante. Le livre fait également l’objet d’une procédure judiciaire en France pour des motifs similaires.
En Algérie, le roman ne peut pas être publié en raison d’une législation interdisant les œuvres traitant de la guerre civile. Cette période, qui a profondément marqué le pays, aurait causé la mort de plus de 200 000 personnes selon les chiffres officiels.
Cette condamnation suscite déjà de nombreuses réactions dans les milieux littéraires et parmi les défenseurs de la liberté d’expression, qui dénoncent une atteinte à la création artistique et à la liberté des écrivains.
