Au 13ᵉ jour de la guerre entre l’Iran, les États-Unis et Israël, aucune désescalade ne se profile. Le nouveau guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, promet de venger les attaques occidentales et menace de bloquer le détroit d’Ormuz, tandis que Benjamin Netanyahu intensifie les avertissements contre Téhéran et ses alliés.

Mojtaba Khamenei promet de venger les attaques

Dès son premier message depuis sa désignation comme guide suprême, Mojtaba Khamenei a adopté un ton ferme. Dans un discours diffusé jeudi à la télévision iranienne – sans apparition publique – le dirigeant de 56 ans a promis de venger les attaques américaines et israéliennes et de poursuivre la confrontation.

Le message, lu par une présentatrice et accompagné d’une simple image d’archive, intervient alors que le nouveau guide reste blessé après une frappe récente et que son état de santé demeure incertain.

En réaction, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a ironisé sur cette absence publique et appelé les Iraniens à se soulever contre leur régime. Il a également lancé un avertissement direct au nouveau dirigeant iranien.

Dans le même temps, l’armée israélienne a annoncé mener une nouvelle série de frappes contre des infrastructures à Téhéran, visant notamment des postes de contrôle de la milice Bassidj.

Un conflit qui s’intensifie au 13ᵉ jour de guerre

Treize jours après le déclenchement des hostilités provoquées par des frappes américaines et israéliennes contre l’Iran, Mojtaba Khamenei a promis de punir les “crimes” de ses adversaires. Il a notamment évoqué le bombardement d’une école à Minab, dans le sud du pays, qui aurait fait 150 morts selon les autorités iraniennes.

Parallèlement, le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient, le United States Central Command, a annoncé qu’un avion ravitailleur KC-135 s’était écrasé dans l’ouest de l’Irak. Selon Washington, l’incident n’est pas lié à des tirs ennemis et un second appareil impliqué a réussi à se poser en sécurité.

Les autorités iraniennes avancent toutefois une autre version : l’avion aurait été touché par un missile tiré par des groupes armés pro-iraniens, et l’équipage n’aurait pas survécu au crash.

De leur côté, les forces françaises ont signalé six soldats blessés dans une attaque de drones au Kurdistan irakien, illustrant l’extension régionale du conflit.

Israël frappe le Hezbollah et menace le Liban

Sur un autre front, Benjamin Netanyahu affirme que son pays est en train d’« écraser » l’Iran et son allié libanais, le Hezbollah. L’armée israélienne a ainsi bombardé plusieurs postes de commandement du mouvement chiite lors de frappes menées à Beyrouth et dans le sud du Liban.

Le Premier ministre israélien a également mis en garde le gouvernement libanais : s’il ne parvient pas à contrôler le Hezbollah, Israël pourrait intervenir directement.

Dans la même logique, le ministre israélien de la Défense Israel Katz a ordonné à l’armée de se préparer à étendre les opérations militaires. Il a même évoqué la possibilité pour Israël de prendre des territoires afin d’empêcher les tirs visant les communautés du nord du pays.

Le détroit d’Ormuz au cœur des menaces

Dans son discours, Mojtaba Khamenei a insisté sur la capacité de l’Iran à perturber l’économie mondiale en utilisant le levier énergétique. Il a notamment évoqué le blocage possible du détroit d’Ormuz, voie maritime stratégique reliant le Golfe à la mer d’Arabie.

Par cette route transitent près de 20 % du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondiaux. Les Gardiens de la Révolution ont d’ailleurs promis de maintenir le détroit fermé. Depuis mercredi, six navires ont été attaqués, portant à seize le nombre d’incidents recensés depuis le début du conflit.

L’une de ces attaques contre deux pétroliers près des côtes irakiennes a fait un mort, selon les autorités de l’Irak.

Dans la soirée, l’armée iranienne a également menacé d’incendier et de détruire les installations pétrolières et gazières du Moyen-Orient si ses propres infrastructures énergétiques étaient visées.

Le pétrole flambe au-delà de 100 dollars

L’escalade militaire commence déjà à secouer les marchés. Dopé par les tensions, le baril de Brent – référence internationale – a dépassé les 100 dollars, une première depuis 2022.

Le président américain Donald Trump a reconnu que la guerre pourrait faire grimper les prix du pétrole, mais il estime que la priorité reste d’empêcher l’Iran d’acquérir l’arme nucléaire.

Selon l’Agence internationale de l’énergie, le blocage du détroit d’Ormuz a déjà contraint les pays du Golfe à réduire leur production, diminuant l’offre mondiale de pétrole d’environ 7,5 %.

En Iran, la population entre peur et pénuries

Pendant que les tensions diplomatiques et militaires s’intensifient, la population iranienne tente de s’adapter à une situation de plus en plus difficile. À Kermanshah, dans l’est du pays, une habitante a confié que les habitants se ruent vers les banques pour retirer leurs économies, faute de confiance dans le système financier.

Selon ce témoignage recueilli anonymement, le pain est désormais rationné, illustrant les premières conséquences économiques et sociales du conflit sur la vie quotidienne des Iraniens.

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