Les acteurs de la filière rizicole de la Vallée du fleuve Sénégal tirent la sonnette d’alarme. Réunis à Ross-Béthio, ils demandent des mesures urgentes pour écouler les stocks et préserver la souveraineté alimentaire du Sénégal.
Plus de 200 000 tonnes produites mais difficiles à écouler
Le président de l’Association nationale des riziers, Alioune Diagne, a exprimé une vive inquiétude.
Selon lui, la mévente du riz local persiste depuis le mois d’août.
Les campagnes de contre-saison et d’hivernage ont permis de produire plus de 200 000 tonnes de riz blanc.
Cependant, une grande partie de cette production reste invendue.
Les acteurs craignent un impact direct sur les objectifs de souveraineté alimentaire.
La concurrence du riz importé pointée du doigt
Les producteurs dénoncent la concurrence du riz importé, vendu à des prix plus bas.
Alioune Diagne indique que les importateurs ont suspendu leurs achats.
Pourtant, une convention signée le 12 novembre 2025 avait permis d’écouler environ 6 050 tonnes.
Aujourd’hui, les stocks atteignent :
- 14 000 tonnes de riz blanc
- 40 000 tonnes de riz paddy
Cette situation entraîne l’arrêt partiel des unités de transformation.
Plusieurs travailleurs sont déjà en chômage technique.
Des subventions attendues mais toujours pas effectives
Les riziculteurs réclament l’application de la subvention de 50 francs CFA par kilogramme.
Cette mesure vise à rendre le riz local plus compétitif.
Alioune Diagne appelle le Bassirou Diomaye Faye et le Ousmane Sonko à intervenir rapidement.
Il plaide également pour l’activation des achats institutionnels annoncés par l’État.
Les transformateurs également en difficulté
Selon l’Agence de Presse Sénégalaise, Aïssatou Gaye a alerté sur la situation financière des unités agro-industrielles.
Elle évoque :
- des stocks importants non écoulés
- le retrait progressif des banques
- des difficultés pour financer les prochaines campagnes
Un risque pour toute la filière
Aïssatou Gaye prévient que sans débouchés, les transformateurs ne pourront plus soutenir les producteurs.
Cela pourrait compromettre :
- l’achat d’intrants agricoles
- la poursuite des campagnes
- la production nationale de riz
Face à cette situation, les acteurs de la filière appellent à une intervention urgente des autorités pour éviter une crise majeure.
