Les rebelles indépendantistes du Front de libération de l’Azawad (FLA) affirment détenir plus de 200 militaires maliens capturés lors de la prise de Kidal, le 25 avril dernier. Le mouvement assure traiter ces soldats comme des « prisonniers de guerre » et évoque de futures négociations pour leur libération, tandis que les autorités maliennes restent silencieuses sur le sujet.

Le FLA revendique la capture de plus de 200 soldats maliens

Le Front de libération de l’Azawad (FLA) a déclaré détenir plus de 200 militaires maliens à Kidal, dans le nord du Mali. Ces soldats auraient été capturés lors de l’offensive menée le 25 avril contre l’armée malienne et ses alliés russes de l’Africa Corps.

Cette attaque, conduite conjointement avec les jihadistes du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Jnim), affilié à al-Qaïda, a permis aux rebelles indépendantistes de reprendre le contrôle de la ville.

Selon le FLA, plusieurs dizaines de militaires maliens ont également été tués au cours des combats. De leur côté, les autorités de transition maliennes n’ont publié aucun bilan officiel concernant les affrontements ni communiqué sur le sort des soldats capturés.

Des officiers supérieurs parmi les prisonniers

Le porte-parole du FLA, Mohamed Elmaouloud Ramadane, affirme que les prisonniers comprennent plusieurs officiers supérieurs et sous-officiers.

Un responsable militaire du mouvement basé à Kidal évoque notamment la présence de deux colonels de gendarmerie, de quatre commandants de police, d’un capitaine de l’armée de terre ainsi que de plusieurs adjudants, sergents-chefs, caporaux et lieutenants.

Selon les rebelles, les militaires maliens ont été capturés à différents moments : certains pendant les combats du 25 avril, d’autres dans les jours suivants alors qu’ils tentaient de se cacher parmi les civils ou de fuir à travers le désert.

Le FLA parle de « prisonniers de guerre »

Le mouvement indépendantiste insiste sur le fait que les soldats maliens détenus ne sont pas des otages mais des « prisonniers de guerre ».

« Ils finiront par être libérés dans le cadre de négociations, mais quand et à quelles conditions, on ne sait pas encore », a déclaré Mohamed Elmaouloud Ramadane.

Le FLA affirme également ne réclamer aucune rançon et assure que les prisonniers sont traités correctement. Le mouvement dit être prêt à accueillir des ONG internationales à Kidal afin qu’elles puissent observer les conditions de détention et fournir une assistance médicale si nécessaire.

Les jihadistes du Jnim écartés de la gestion des prisonniers

Bien que l’offensive sur Kidal ait été menée en coordination avec le Jnim, les responsables du FLA affirment que les jihadistes n’ont capturé aucun militaire malien.

Selon un responsable militaire du mouvement, les combattants du Jnim se seraient retirés après les opérations, laissant au FLA le contrôle de la ville et la gestion des prisonniers.

À ce jour, le Jnim n’a publié aucune revendication concernant ces captures. Le groupe détient toutefois déjà plusieurs militaires maliens pris en otage lors de précédentes attaques.

Silence des autorités maliennes

Le FLA détenait déjà une vingtaine de soldats maliens capturés lors d’attaques menées entre septembre 2023 et juillet 2024. Deux combattants russes du groupe Wagner, arrêtés après la bataille de Tinzaouatène en juillet 2024, seraient également toujours détenus par le mouvement.

Malgré les multiples déclarations des rebelles, l’armée malienne n’a toujours pas réagi publiquement au sujet des soldats capturés à Kidal. Sollicitée par plusieurs médias, elle n’a pas donné suite.

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