Alors que Moscou a proposé un cessez-le-feu de 32 heures pour la Pâque orthodoxe et que Kiev l’a accepté avec prudence, des drones russes et ukrainiens ont frappé des cibles dans la nuit et la matinée de samedi en Ukraine et en Russie, faisant des victimes et ravivant les tensions avant cette courte pause annoncée.

Des frappes intensives juste avant la trêve

À quelques heures de l’entrée en vigueur du cessez-le-feu pascal, les combats se sont intensifiés des deux côtés du front. L’Ukraine affirme avoir subi une attaque d’environ 160 drones russes dans la nuit de vendredi à samedi.

Selon les autorités ukrainiennes, ces frappes ont causé la mort d’au moins quatre personnes dans les régions de l’est et du sud du pays.
Les frappes ont durement touché la région d’Odessa, où elles ont tué deux civils lors d’une attaque contre une zone résidentielle et endommagé des infrastructures civiles.

Dans le nord-est, à Soumy, des frappes de drones ont touché des immeubles d’habitation, faisant 14 blessés parmi les résidents, d’après les autorités locales.

Répliques ukrainiennes sur le territoire russe

De son côté, la Russie a signalé plusieurs attaques ukrainiennes par drones, notamment dans la région de Krasnodar, dans le sud du pays. Un dépôt pétrolier y a été incendié et plusieurs bâtiments résidentiels endommagés.

Dans les zones de Donetsk contrôlées par Moscou, des responsables locaux ont également rapporté la mort de deux personnes à la suite d’une frappe de drone ukrainien.

Une trêve fragile aux enjeux politiques

Cette trêve de 32 heures, proposée par la Russie pour la Pâque orthodoxe, intervient dans un contexte diplomatique tendu. Kiev avait récemment suggéré un cessez-le-feu sur les infrastructures énergétiques, sans réponse favorable de Moscou.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a accepté la pause tout en se montrant très sceptique, affirmant que l’Ukraine répondrait « coup pour coup » à toute violation russe. Selon lui, l’absence de frappes dans les airs, sur terre et en mer conditionnera la réaction ukrainienne.

Un contexte diplomatique en panne

Cette initiative intervient alors que les efforts de médiation internationale, notamment ceux menés par les États-Unis, connaissent un ralentissement. Les discussions de paix n’ont jusqu’ici produit aucun résultat concret, chaque camp accusant l’autre de bloquer les négociations.

Pour Moscou, cette trêve temporaire pourrait également offrir un répit militaire, permettant de réorganiser ses forces sur le terrain.

Une paix pascale déjà fragilisée par le passé

Une trêve similaire avait déjà été instaurée l’an dernier pour la Pâque orthodoxe. Elle n’avait toutefois pas tenu, chaque camp accusant l’autre de multiples violations, ravivant rapidement les combats.

Alors que cette nouvelle pause devait apporter un court répit aux populations, les frappes de dernière minute soulignent une fois encore la fragilité de toute désescalade dans ce conflit.

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