Réélu avec un score écrasant, le président djiboutien Ismaïl Omar Guelleh consolide son pouvoir. Tandis que le camp présidentiel salue une victoire sans appel, l’opposition dénonce une gouvernance opaque et un manque de développement économique.
Une réélection sans surprise
Vendredi 10 avril, les électeurs djiboutiens ont reconduit Ismaïl Omar Guelleh à la tête du pays avec 97,81 % des voix, selon les résultats officiels. Par ailleurs, les autorités annoncent un taux de participation supérieur à 80 %.
Ainsi, le chef de l’État entame un шестième mandat, confirmant son emprise sur la vie politique nationale. Sans surprise, le gouvernement affiche sa satisfaction face à cette victoire largement anticipée.
Le pouvoir met en avant la stabilité et la stratégie diplomatique
Du côté du parti présidentiel, les responsables saluent un succès qui reflète, selon eux, l’adhésion populaire au projet du chef de l’État. Le porte-parole du parti en Europe, Houmed Daoud, estime que cette réélection témoigne de la capacité du président à bâtir un État solide.
Il insiste notamment sur les enjeux géopolitiques auxquels fait face Djibouti. En effet, situé à l’entrée du détroit stratégique de Bab-el-Mandeb, le pays doit, selon lui, faire preuve d’une grande habileté diplomatique. Dans cette optique, il souligne que la politique de neutralité menée par le pouvoir permet de préserver les intérêts nationaux dans une région instable.
L’opposition dénonce une réalité différente
Cependant, l’opposition livre une lecture radicalement différente de cette élection. Elle conteste d’abord le taux de participation officiel, affirmant que de nombreux bureaux de vote étaient quasiment vides.
De plus, Alexis Mohamed, ancien conseiller présidentiel devenu critique du régime, relativise la notion de stabilité avancée par le pouvoir. Selon lui, l’absence de conflit interne ne signifie pas nécessairement un développement réel du pays.
Un modèle économique remis en question
En outre, l’opposition pointe des difficultés économiques persistantes. Elle évoque notamment un chômage élevé, en particulier chez les jeunes, et dénonce une gestion opaque des ressources publiques.
Par ailleurs, elle souligne le manque de diversification économique. Si les infrastructures portuaires constituent un pilier essentiel de l’économie djiboutienne, elles ne suffisent pas, selon ses détracteurs, à assurer un développement durable.
Enfin, les opposants critiquent la faiblesse du secteur privé, qu’ils jugent concentré entre les mains d’un nombre restreint d’acteurs et dépendant des marchés publics.
Une fracture politique persistante
En définitive, cette réélection confirme la domination politique de Ismaïl Omar Guelleh, mais elle met également en lumière les profondes divisions qui traversent le pays. Entre discours de stabilité et dénonciation d’un manque de transparence, le débat sur la gouvernance et le développement de Djibouti reste plus que jamais ouvert.

