Paris accueille ce vendredi 17 avril une réunion internationale consacrée à la sécurisation du détroit d’Ormuz. Portée par la France et le Royaume-Uni, l’initiative rassemble une trentaine de pays autour d’un objectif commun : préparer l’après-conflit et restaurer la confiance dans cette zone stratégique du commerce mondial.
Une initiative diplomatique pour sécuriser un passage stratégique
D’abord, la France et le Royaume-Uni lancent une initiative commune visant à garantir la sécurité maritime dans le détroit d’Ormuz. Une trentaine de pays participent à cette réunion organisée à Paris, même si la liste définitive des participants n’a pas encore été rendue publique.
Ainsi, plusieurs dirigeants européens prennent part aux discussions, notamment Keir Starmer pour le Royaume-Uni, Friedrich Merz pour l’Allemagne et Giorgia Meloni pour l’Italie. Selon Paris, certains États pourront faire passer leurs messages aux États-Unis et à Israël, tandis que d’autres serviront de relais vers l’Iran.
Des principes clairs pour la navigation internationale
Ensuite, les participants posent trois principes fondamentaux pour encadrer la future initiative. D’abord, ils refusent toute présence de mines susceptibles de menacer la navigation. Ensuite, ils excluent l’instauration d’un “péage” dans ce couloir maritime jugé vital pour l’économie mondiale. Enfin, ils réaffirment le respect strict du droit international dans le détroit d’Ormuz comme dans l’ensemble des espaces maritimes.
Selon la présidence française, ces principes constituent la base d’un futur dispositif de sécurisation du trafic maritime dans la région.
Une mission de sécurisation, et non une opération militaire
Par ailleurs, les autorités françaises insistent sur la nature strictement civile et diplomatique de l’initiative. « Il ne s’agit pas d’une opération militaire », précisent-elles, mais d’une planification en vue d’une sécurisation post-conflit, dans un contexte de cessez-le-feu consolidé.
Cependant, les discussions restent sensibles. Si l’Allemagne évoque la possibilité d’une participation américaine, la France écarte pour sa part toute intégration des belligérants dans ce dispositif.
Un contexte régional encore fragile
En effet, la situation dans la région demeure instable. Depuis l’embrasement du conflit au Moyen-Orient et les tensions autour de l’Iran, le détroit d’Ormuz, par lequel transite environ 20 % du pétrole et du gaz mondiaux, reste un point de tension majeur.
Ainsi, les perturbations du trafic maritime ont entraîné une hausse des prix de l’énergie, affectant fortement l’économie mondiale. Bien qu’un cessez-le-feu temporaire soit entré en vigueur le 8 avril, les tensions persistent, notamment après l’échec récent de négociations irano-américaines visant à stabiliser la situation.
Des contributions adaptées aux capacités de chaque pays
Enfin, chaque État participant s’engagera selon ses moyens. La France prévoit de mobiliser ses ressources militaires déjà présentes dans la région, notamment un porte-avions, une dizaine de navires et une cinquantaine d’aéronefs.
De son côté, l’Allemagne pourrait contribuer aux opérations de déminage ou de reconnaissance maritime à longue distance, selon des sources gouvernementales. Par ailleurs, une nouvelle réunion internationale est déjà prévue la semaine prochaine au quartier général de Northwood, près de Londres, afin de poursuivre les discussions sur la sécurisation du détroit d’Ormuz.
