Le Sénégal fait face à une crise financière marquée par le blocage des financements de la Banque africaine de développement. En cause : des échéances impayées par l’État. Conséquences immédiates : 39 projets à l’arrêt, des entreprises fragilisées et des agents sans salaire depuis plusieurs mois.

Des décaissements suspendus par la BAD

Selon Les Échos dans sa parution du mardi 21 avril, la Banque africaine de développement (BAD) a décidé de suspendre ses décaissements en raison de retards de paiement du Sénégal sur des échéances arrivées à maturité. Ce partenaire stratégique, dont le portefeuille est évalué à 1 630 milliards de francs CFA, soutient pourtant des secteurs clés comme l’agriculture, l’énergie et les infrastructures.

39 projets à l’arrêt dans des secteurs vitaux

Le gel des financements affecte directement 39 projets jugés essentiels pour le développement économique du pays. Ces programmes, souvent structurants, se retrouvent à l’arrêt, compromettant les objectifs de croissance et de modernisation engagés par les autorités.

Des travailleurs sans salaire depuis plusieurs mois

Sur le plan social, la situation devient préoccupante.Les agents impliqués dans ces projets ne perçoivent plus de salaire depuis plus de trois mois, une situation qui détériore fortement leurs conditions de vie et celles de leurs familles.

Des entreprises étranglées financièrement

Les entreprises engagées dans l’exécution des marchés publics subissent également de plein fouet cette crise. Faute de paiements, certaines s’endettent auprès des banques pour poursuivre leurs activités, tandis que d’autres se retrouvent dans une situation financière critique. L’arrêt des chantiers devient inévitable, accentuant les retards dans la livraison des projets.

Un silence gouvernemental décrié

Face à l’ampleur de la situation, le manque de communication des autorités est pointé du doigt. Des sources citées par Les Échos dénoncent une absence totale de visibilité, évoquant une « omerta » au sein du gouvernement. La Direction de l’Ordonnancement des dépenses publiques ne fournirait aucune information sur un éventuel déblocage ni sur un calendrier de résolution.

Cette crise révèle les tensions de trésorerie que traverse le Sénégal et suscite des interrogations sur la manière dont l’État gère ses engagements financiers, ainsi que sur leurs impacts économiques et sociaux à court terme.

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