Le Sénégal a lancé un important appel d’offres pour l’acquisition de 380 bus fonctionnant au gaz naturel comprimé (GNC), dans le cadre de la modernisation de son réseau de transport urbain. Une grande partie de ces véhicules est destinée à la société publique Dakar Dem Dikk.
Estimé à environ 320 millions d’euros, soit près de 210 milliards de FCFA, ce marché représente un enjeu majeur pour la mobilité durable dans la capitale Dakar et ses environs.
Deux grands blocs industriels s’affrontent pour décrocher ce contrat stratégique. D’un côté, des constructeurs européens, dont le groupe suédois Scania. De l’autre, le géant chinois CRRC, qui aurait soumis une offre de dernière minute particulièrement compétitive, annoncée comme presque deux fois moins chère.
Au cœur des tensions, la question du financement. Le projet est en effet soutenu par un consortium européen incluant notamment la Banque européenne d’investissement et l’Agence française de développement. Cette configuration pourrait influencer les conditions d’attribution du marché.
Face à cette concurrence internationale et aux enjeux financiers, industriels et diplomatiques qu’elle implique, les autorités sénégalaises avancent avec prudence. Le ministre des Transports, Yankhoba Diémé, a assuré que la procédure suit son cours dans le strict respect des règles établies, insistant sur la rigueur du processus.
La décision finale est attendue d’ici la fin de l’année 2026. Ce projet illustre à la fois les ambitions du Sénégal en matière de transition vers des transports plus propres et les rivalités économiques croissantes entre grandes puissances sur le continent africain.
