En Pretoria, la procédure judiciaire visant Kemi Seba connaît un nouveau rebondissement. Alors que son audience devait permettre d’examiner sa demande de libération sous caution, le tribunal a finalement décidé de reporter les débats au 11 mai, prolongeant ainsi l’incertitude autour de son sort.
Une audience écourtée malgré des éléments nouveaux
D’abord, Kemi Seba a comparu de nouveau devant le tribunal le mercredi 29 avril. Contrairement à sa précédente apparition, les conditions semblaient réunies pour examiner sa demande de libération sous caution.
Cependant, après un peu plus de deux heures d’audience, la cour a décidé de reporter l’examen du dossier. En conséquence, la défense n’a pas eu l’opportunité de présenter ses arguments. Le rendez-vous est désormais fixé au 11 mai.
Malgré ce report, l’audience a permis de lever le voile sur certains éléments liés à son arrestation dans un centre commercial de Pretoria, ainsi que sur sa demande d’asile politique.
Une opération d’infiltration détaillée par le parquet
Ensuite, la procureure a longuement exposé les circonstances de l’interpellation, évoquant une opération d’infiltration minutieusement préparée, avec l’implication de Interpol.
Selon le parquet, François van der Merwe aurait été sollicité pour organiser la sortie illégale du territoire sud-africain de l’activiste et de son fils, via une société de sécurité privée. Informées, les autorités auraient alors remplacé les responsables de cette société par des agents infiltrés.
Ainsi, lorsque Kemi Seba et son fils pensaient quitter discrètement le pays à bord d’un véhicule en direction du Zimbabwe, ils ont en réalité été conduits directement vers un poste de police.
Des accusations contestées par la défense
Par ailleurs, le parquet avance que l’activiste envisageait de rejoindre l’Europe dans le but d’y commettre un acte terroriste. Une accusation fermement rejetée par son entourage.
Son avocat, Sinen Mnguni, dénonce une tentative de présenter son client comme dangereux :
« Il y avait la volonté de créer une atmosphère pesante autour de lui, en le présentant comme quelqu’un de dangereux, alors qu’il n’est inculpé nulle part pour un crime grave ou violent. […] Nous restons confiants quant à la solidité de notre défense et à la probabilité d’une libération sous caution. »
L’enjeu de la demande d’asile
Enfin, l’affaire prend une dimension supplémentaire avec la demande d’asile politique déposée par Kemi Seba en Afrique du Sud.
Au-delà de la régularisation de sa situation administrative, alors que son visa a expiré, l’obtention de ce statut pourrait compliquer davantage la procédure d’extradition engagée par le Bénin.
Dans ce contexte, la prochaine audience du 11 mai s’annonce décisive pour la suite de cette affaire aux multiples enjeux judiciaires et politiques.

