Au Burkina Faso, Reporters sans frontières (RSF) conteste la version officielle et apporte de nouvelles révélations sur le sort du journaliste Atiana Serge Oulon.
D’abord, RSF démonte la version des autorités
Les autorités affirment avoir réquisitionné le journaliste et l’avoir envoyé au front.
Or, RSF affirme que des agents ont enlevé Atiana Serge Oulon le 24 juin 2024 à son domicile, puis l’ont détenu en secret à Ouagadougou.
Ensuite, l’ONG localise le lieu de détention
Selon RSF, les responsables retiennent le journaliste dans une résidence du quartier Ouaga 2000, située en face de l’Ambassade des États-Unis à Ouagadougou.
De plus, ils y maintiennent également des dizaines de civils en détention clandestine.
Les gardes enferment les détenus dans une grande pièce transformée en cellule, sans lumière et aux fenêtres condamnées. Par ailleurs, ils assurent une surveillance permanente grâce à deux équipes, dont une cagoulée.
Par ailleurs, des conditions de détention alarmantes
Les témoignages recueillis indiquent que les gardes :
- entassent jusqu’à une quarantaine de personnes dans une même pièce
- imposent une promiscuité extrême
- infligent des violences physiques et des privations
Ainsi, RSF souligne que les geôliers ont particulièrement maltraité Atiana Serge Oulon au début de sa captivité.
Enfin, un journaliste ciblé pour ses enquêtes
RSF estime que les autorités utilisent la thèse de la mobilisation militaire pour dissimuler cette détention.
En effet, le journaliste avait révélé en 2022 un détournement de 400 millions FCFA impliquant un officier dans la région du Centre-Nord, dans un contexte lié au pouvoir dirigé par Ibrahim Traoré.
Quelques jours avant son enlèvement, les autorités l’avaient auditionné afin d’identifier ses sources.
En somme, ces révélations renforcent les inquiétudes sur la liberté de la presse au Burkina Faso et sur le sort d’Atiana Serge Oulon, dont la situation reste inconnue à ce jour.
