À Nairobi, où s’ouvre ce lundi 11 mai le sommet Africa Forward, Emmanuel Macron défend à nouveau sa vision d’un « partenariat réinventé » entre la France et l’Afrique. Dans un entretien accordé à Jeune Afrique et The Africa Report, il revient sur son parcours, ses orientations diplomatiques et les enjeux des relations franco-africaines.

Un regard personnel sur l’Afrique

Emmanuel Macron raconte avoir découvert l’Afrique lors d’un stage au Nigeria au début des années 2000. Il dit avoir été « fasciné par l’énergie » du pays. Il refuse de réduire le continent à des ensembles linguistiques et insiste sur son poids démographique et économique, soulignant que « 70 % de la population a moins de 30 ans » et que la croissance africaine a dépassé celle de l’Asie du Sud-Est l’année précédente.

Une nouvelle approche du développement

Le président français remet en cause la notion d’« aide » au développement. Il lui préfère un « investissement solidaire et durable » et appelle à une réforme de l’architecture financière internationale. Il encourage également une mobilisation accrue des capitaux privés.

Sur la question de la jeunesse, il insiste sur la création d’emplois et le renforcement des services publics. Il reconnaît toutefois que les crises sécuritaires réduisent souvent les marges budgétaires consacrées à l’éducation et à la santé.

Colonisation, gouvernance et responsabilités partagées

Emmanuel Macron rappelle qu’il a condamné la colonisation dès 2017, tout en refusant d’en faire l’unique explication des difficultés actuelles du continent. Il affirme que les dirigeants africains doivent également améliorer la gouvernance dans leurs pays.

Rivalités internationales et ressources stratégiques

Face à la concurrence mondiale sur les minerais critiques, il affirme que « les Européens ne sont pas les prédateurs de ce siècle ». Il critique en revanche la Chine, qu’il accuse de poursuivre une logique « prédatrice ». Il défend une stratégie d’« autonomie partagée » entre l’Europe et l’Afrique fondée sur la transparence et le respect.

Sécurité et positionnement français

Sur le plan sécuritaire, Emmanuel Macron appelle à renforcer le rôle de l’Union africaine dans la gestion des crises. Il assume le retrait des forces françaises des zones où leur présence n’était plus souhaitée.

Concernant le Sahel, il dit espérer un retour à une « gouvernance normale » et réclame la libération de Mohamed Bazoum, actuellement détenu au Niger.

Migration et relations diplomatiques

Emmanuel Macron relie les tensions migratoires en France à la désindustrialisation et au chômage. Il affirme vouloir apaiser les relations avec l’Algérie malgré des crispations récentes.

Il évoque également des initiatives culturelles, comme la restitution de biens patrimoniaux et la création de la Maison des mondes africains à Paris.

Une relation tournée vers l’avenir

« Nous sommes parvenus à réinventer nos relations et à nous débarrasser des oripeaux du passé », conclut Emmanuel Macron, affirmant vouloir construire une coopération tournée vers l’avenir entre la France et l’Afrique.

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