Devant la Haute Cour militaire de Kinshasa, le lieutenant-général Philémon Yav Irung comparaît pour des faits de trahison. L’auditeur général des FARDC a requis le 7 mai une peine de prison à perpétuité contre lui, en raison d’une présumée collusion avec l’armée rwandaise.
L’accusation s’appuie sur un SMS contesté
L’accusation fonde son dossier sur un SMS attribué à un proche du général rwandais James Kabarebe. Elle affirme que ce message se trouvait dans le téléphone de Philémon Yav.
Mais la défense rejette cet élément. Le général Peter Cirimwami avait déclaré avoir vu ce SMS dans le téléphone de l’accusé, mais il est décédé depuis plus d’un an. Jusqu’à présent, la Cour n’a reçu aucun élément matériel direct confirmant l’existence de ce message.
La défense attaque l’absence de preuves
Les avocats du lieutenant-général Yav ont contesté les charges devant la Cour. Maître Parfait Kanyanga affirme que l’accusation construit son dossier sur une théorie du complot et non sur des preuves matérielles. Il soutient que l’accusation ne démontre ni intention criminelle ni faits établissant la trahison.
Maître Carlos Ngwapitshi a également remis en cause la solidité du dossier. Il a demandé l’acquittement de son client en soulignant que les services de renseignement n’ont pas réussi à extraire le SMS incriminé des téléphones saisis, malgré la détention du général depuis plus de quatre ans.
Le parcours militaire du prévenu mis en avant
La défense valorise également le parcours militaire du général Yav. Elle rappelle qu’aucune localité des Kivu ne tombe aux mains du M23 lorsqu’il commande les opérations dans la région, ce qui, selon elle, contredit les accusations de collaboration avec l’ennemi.
Une accusation de complot rejetée par la défense
Les avocats du général Yav accusent certains officiers d’avoir monté un complot contre lui après sa nomination à la tête des opérations dans l’est de la RDC.
Ils contestent aussi la crédibilité du message téléphonique présenté par l’accusation et relèvent l’absence de témoins directs pour appuyer les charges retenues contre leur client.
