L’ancien ministre malien Hamma Ag Mahmoud a officiellement rejoint la Coalition des forces pour la République (CFR), un mouvement d’opposition dirigé par l’imam Mahmoud Dicko. À travers ce ralliement, l’ex-responsable politique appelle les Maliens à se mobiliser autour d’un projet national capable de sortir le pays de la crise.

Hamma Ag Mahmoud officialise son ralliement à la CFR

L’ancien ministre malien Hamma Ag Mahmoud a annoncé son adhésion à la Coalition des forces pour la République (CFR), une plateforme d’opposition créée en décembre dernier autour de l’imam Mahmoud Dicko. Ce mouvement conteste la gestion des autorités de transition qui dirigent le Mali sans élections depuis près de six ans.

À travers cette coalition, les opposants appellent à une résistance pacifique contre le pouvoir militaire. En parallèle, la CFR plaide pour l’ouverture d’un dialogue avec les groupes jihadistes du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Jnim), affilié à al-Qaïda, ainsi qu’avec les indépendantistes du Front de libération de l’Azawad (FLA), afin de mettre un terme aux violences armées.

Un parcours marqué par l’administration et la rébellion

Hamma Ag Mahmoud possède un long parcours politique et administratif au Mali. Entre 1986 et 1988, il a occupé le poste de ministre du Travail et de la Fonction publique sous le régime militaire du général Moussa Traoré. Par la suite, il a administré plusieurs régions du pays en tant que préfet, notamment à Sikasso, Koulikoro, Ségou, Gao et Tombouctou.

Cependant, lors de la rébellion de 2012, il a rejoint le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA). Au sein de ce mouvement indépendantiste, il a notamment participé aux efforts ayant conduit à la signature de l’accord de paix de 2015 entre les groupes armés et l’État malien.

Installé en Mauritanie depuis 2011, l’ancien ministre affirme désormais vouloir contribuer à une nouvelle dynamique politique au Mali.

« La classe politique a échoué »

Dans une déclaration accordée à David Baché, Hamma Ag Mahmoud a dressé un constat sévère de la situation malienne. Selon lui, le pays traverse une crise profonde qui menace son unité.

« Nous sommes dans une période de crise actuellement, le pays est en plein délitement », affirme-t-il. Dès lors, il appelle les Maliens à se rassembler autour d’un projet commun de société capable de réconcilier toutes les composantes nationales.

L’ancien ministre estime également que la Coalition des forces pour la République a pris l’initiative nécessaire pour ouvrir une nouvelle phase politique. « Tous les Maliens doivent la rejoindre pour pouvoir organiser une conférence nationale qui corrige toutes les erreurs précédentes », soutient-il.

Par ailleurs, Hamma Ag Mahmoud considère que les crises sécuritaires et les rébellions successives trouvent leur origine dans l’échec de la classe politique malienne. « S’il y a eu des rébellions et des islamistes au Mali, c’est parce que la classe politique a échoué », insiste-t-il.

Le dialogue avec les jihadistes au cœur du débat

Le positionnement de la CFR sur la question du dialogue avec les groupes jihadistes continue toutefois de susciter des interrogations au sein de l’opinion publique. De nombreux Maliens redoutent qu’une telle démarche n’ouvre la voie à une fragmentation du pays ou à une remise en cause des principes républicains.

Malgré ces inquiétudes, Hamma Ag Mahmoud défend cette option. Selon lui, l’inclusion de toutes les parties dans un projet national permettrait d’apaiser durablement les tensions. « Si on les associe à un projet commun, je crois qu’on met fin à tout ça », affirme-t-il.

Il ajoute également que le retour à une gouvernance efficace et équitable réduirait les causes profondes des violences armées. « Si on rétablit la bonne gouvernance dans le pays, il n’y aura plus de jihadistes, il n’y aura plus de rébellion non plus », assure l’ancien responsable politique.

Charia et République : un équilibre possible ?

Ces derniers mois, le Jnim a progressivement modifié son discours public afin de se présenter comme un acteur politique défendant la souveraineté nationale et les populations locales. Toutefois, le groupe reste attaché à son objectif principal : l’application de sa vision de la charia.

Interrogé sur la possibilité de négocier avec un tel groupe dans un cadre républicain, Hamma Ag Mahmoud se montre néanmoins confiant. « Bien sûr », répond-il, avant d’ajouter que les principes fondamentaux de la démocratie, notamment l’égalité et la justice, doivent s’appliquer à tous les Maliens sans exclusion.

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