Le journaliste d’investigation René Capain Bassène a retrouvé la liberté le mercredi 27 mai 2026. Cette libération intervient après plus de huit années de détention. Elle résulte d’une grâce présidentielle accordée par le président Bassirou Diomaye Faye.
Ainsi, cette décision met fin à l’un des dossiers judiciaires les plus sensibles de la Casamance. L’affaire avait profondément marqué la région et l’opinion publique.
Le massacre de Boffa-Bayotte à l’origine du dossier
L’affaire remonte au 6 janvier 2018. Ce jour-là, quatorze exploitants forestiers ont été tués dans la forêt de Boffa-Bayotte, au sud de Ziguinchor.
Selon les autorités, les victimes ont été attaquées par des hommes armés supposés appartenir au Mouvement des forces démocratiques de Casamance. Le bilan officiel faisait état de 14 morts, 7 blessés et 3 survivants.
Par conséquent, ce massacre avait provoqué une forte émotion au Sénégal. Il avait aussi ravivé les inquiétudes autour du conflit casamançais.
Un long feuilleton judiciaire
Quelques jours après le drame, 22 personnes ont été arrêtées. Parmi elles figurait René Capain Bassène. Il était poursuivi pour plusieurs chefs d’accusation, notamment association de malfaiteurs et assassinat.
En première instance, la justice a condamné à la perpétuité César Atoute Badiate, René Capain Bassène et Oumar Ampoye Bodian.
Ensuite, lors du procès en appel du 29 août 2024, la cour a confirmé la peine contre René Capain Bassène. En revanche, Oumar Ampoye Bodian a été acquitté puis libéré.
Durant toute la procédure, le journaliste a toujours rejeté les accusations. Il dénonçait une erreur judiciaire et affirmait n’avoir aucun lien avec les assaillants.
Une grâce présidentielle perçue comme un apaisement
En avril 2025, René Capain Bassène avait entamé une grève de la faim. Il protestait contre ses conditions de détention et son maintien en prison.
Désormais libre, il voit son dossier prendre une nouvelle tournure. Pour plusieurs observateurs, cette grâce présidentielle représente un geste d’apaisement dans le processus de paix en Casamance.
Par ailleurs, cette affaire relance le débat sur la protection des journalistes dans les zones de conflit. Elle soulève également des questions sur la justice et les droits humains au Sénégal.
