La Coalition Diomaye Président traverse l’une des plus graves crises internes depuis son accession au pouvoir. Des tensions profondes opposent désormais plusieurs composantes de la majorité autour du leadership de l’ancienne Première ministre Aminata Touré, dite Mimi, au point de faire planer le spectre d’une implosion politique à l’approche des élections locales.
Selon des informations rapportées par Senegal7, la coalition présidentielle serait désormais divisée en trois blocs distincts. Plus préoccupant encore, des responsables de deux groupes dissidents menacent de retirer leur soutien au président Bassirou Diomaye Faye si Aminata Touré est maintenue à la tête de la Conférence des leaders.
« Si Diomaye maintient Mimi à la tête de la Coalition, eux ils retirent à Diomaye leur soutien », confie une source proche du dossier sous couvert de l’anonymat.
Le premier bloc demeure fidèle à Aminata Touré. Il rassemble notamment des personnalités comme Abdoulaye Tine, Abdourahmane Diouf et Serigne Gueye Diop. Mais cette aile fait désormais face à une contestation grandissante.
Une première dissidence s’est structurée autour du mouvement « Les Bâtisseurs ». Regroupant 32 partis et mouvements politiques, cette plateforme a quitté le groupe de coordination animé par Mimi Touré pour mettre en place son propre cadre organisationnel. Parmi ses figures de proue figurent Ndella Lobatt Fall, Abdoulaye Ndiaye, Dr Ibrahima Badji et Mahatma Dieye.
À cette première rupture s’ajoute celle de « Doomi Sénégal », une autre coalition regroupant 29 partis et mouvements. Elle est conduite notamment par Siré Sy, Gaoussou Koma, Dr Boubacar Dankoko et Nicole Gackou.
Au total, ce sont donc 61 partis et mouvements qui auraient pris leurs distances avec la direction actuelle de la coalition présidentielle. Selon plusieurs sources, ces formations envisagent désormais de présenter leurs propres listes lors des prochaines élections locales si aucun compromis n’est trouvé sur la question du leadership.
Cette crise trouve ses racines dans plusieurs épisodes ayant alimenté les frustrations au sein de la majorité. Dès janvier 2026, la répartition des billets pour le pèlerinage à La Mecque offerts par le président de la République avait provoqué une vive polémique. Certains responsables accusaient alors Aminata Touré d’avoir privilégié ses proches collaborateurs au détriment d’autres membres historiques de la coalition.
Quelques mois plus tôt, en novembre 2025, sa désignation à la présidence de la Conférence des leaders, en remplacement d’Aïda Mbodj, avait déjà suscité de fortes contestations dans plusieurs composantes de la majorité.
À quelques mois des échéances locales, cette fracture pourrait constituer un défi majeur pour le camp présidentiel. Au-delà de la question du leadership, c’est désormais la capacité de la coalition Diomaye Président à préserver son unité et à maintenir une dynamique électorale commune qui est mise à l’épreuve.
