Le parti PASTEF enregistre une nouvelle défection dans ses rangs. Makane Diop, figure historique de la formation politique dans le département de Mbour, a annoncé sa démission de toutes ses responsabilités au sein du parti, dénonçant une évolution qu’il juge contraire aux principes fondateurs de l’organisation dirigée par Ousmane Sonko.

Dans une lettre adressée à la direction du parti, l’ancien responsable local explique avoir pris cette décision « avec une profonde émotion », tout en précisant qu’elle est « mûrement réfléchie et irréversible ».

Militant de la première heure dans la zone de Nguékokh et Sindia, Makane Diop occupait plusieurs fonctions stratégiques au sein de PASTEF. Il a notamment été coordonnateur adjoint local, secrétaire général départemental de la Jeunesse patriotique sénégalaise (JPS) à Mbour, coordonnateur des élections législatives de 2022 et de 2025, ainsi que conseiller municipal.

Dans sa correspondance, il rappelle son attachement initial aux valeurs qui avaient motivé son engagement politique : la démocratie interne, la collégialité dans la prise de décision, le leadership partagé et la liberté de débat. Des principes qu’il estime aujourd’hui largement affaiblis.

Selon lui, le fonctionnement du parti a progressivement évolué vers une concentration du pouvoir entre les mains d’un cercle restreint de dirigeants. Il regrette ce qu’il décrit comme la disparition progressive des espaces de discussion et d’expression interne.

« Le parti, jadis espace de débats contradictoires, de collégialité, de leadership collectif et de respect mutuel, s’est progressivement métamorphosé en une possession personnelle », écrit-il.

L’ancien responsable dénonce également un affaiblissement des structures internes qu’il juge désormais « vidées de leur substance », ainsi qu’une gouvernance de plus en plus verticale. Dans ses critiques, il évoque l’émergence d’un « culte de la personnalité » et d’une « allégeance aveugle » qui auraient, selon lui, pris le pas sur l’esprit critique et le débat démocratique.

Pour Makane Diop, cette évolution constitue une rupture avec l’idéal politique qui avait porté la naissance de PASTEF. Il considère que « la figure du guide a supplanté l’idéal démocratique », traduisant ainsi ce qu’il perçoit comme une dérive autoritaire au sein du parti.

Malgré la sévérité de ses critiques, l’ancien cadre affirme quitter la formation sans rancœur personnelle. Il revendique un engagement militant sincère et estime avoir servi le parti avec loyauté depuis ses débuts.

« Je quitte le PASTEF sans animosité, mais avec la conscience tranquille d’avoir servi avec sincérité, loyauté, patriotisme et dévouement », conclut-il.

Cette démission intervient dans un contexte où PASTEF poursuit sa restructuration interne et prépare ses prochaines échéances politiques. Elle pourrait alimenter le débat sur la gouvernance interne du parti, même si son impact réel sur l’implantation de la formation dans le département de Mbour reste à mesurer.

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