Le président mauritanien Mohamed Ould Ghazouani a accordé une grâce présidentielle à neuf détenus condamnés pour extrémisme et terrorisme. Cette décision intervient après la signature d’un manifeste de repentir dans lequel plusieurs prisonniers ont renoncé à la violence et demandé pardon pour leurs actes.
Une grâce accordée après un engagement de repentir
Le président mauritanien Mohamed Ould Ghazouani a accordé, vendredi 19 juin, une grâce présidentielle à neuf détenus condamnés pour extrémisme et terrorisme.
Huit hommes et une femme ont ainsi retrouvé la liberté. Parmi les bénéficiaires figurent notamment certains auteurs de l’attentat d’Aleg, qui avait coûté la vie à quatre touristes français en 2007.
Cette mesure intervient quelques jours après la publication d’un manifeste de repentir signé par quatorze détenus salafistes.
Un dialogue religieux privilégié par les autorités
À travers cette décision, les autorités mauritaniennes entendent valider l’efficacité d’une stratégie fondée sur le dialogue.
Depuis plusieurs années, des oulémas rencontrent régulièrement des détenus condamnés pour terrorisme dans les établissements pénitentiaires. Ces échanges visent à les amener à remettre en question leurs convictions idéologiques et à renoncer à l’extrémisme violent.
Selon la présidence, cette approche a permis d’obtenir des résultats concrets auprès de certains prisonniers.
Des engagements écrits en faveur de la paix
Dans leur manifeste, les détenus se sont engagés à respecter la sécurité des personnes, des biens et des institutions.
Ils ont également demandé pardon pour ce qu’ils qualifient eux-mêmes d’« erreurs » commises par le passé.
Il y a deux mois, la commission des oulémas chargée du dialogue avait recommandé la libération des détenus dont le repentir était jugé sincère et avéré.
Cinq détenus considérés comme trop dangereux
Malgré cette mesure de clémence, cinq signataires du manifeste demeurent en prison.
Les autorités ont notamment exclu de la grâce certaines figures importantes du jihadisme mauritanien. C’est le cas d’El Khadim Ould Semmane, présenté comme le chef d’Ansar Al-Din en Mauritanie.
Les condamnés à mort impliqués dans l’attentat d’Aleg restent également détenus.
Les autorités estiment que ces profils présentent encore un niveau de risque élevé pour la sécurité nationale. Elles ont donc choisi de ne pas les inclure dans cette mesure de grâce.
Une politique entre réinsertion et vigilance
Avec cette décision, le pouvoir mauritanien poursuit sa politique de déradicalisation fondée sur le dialogue religieux et la réinsertion.
Toutefois, les autorités maintiennent une ligne de fermeté envers les détenus considérés comme les plus influents ou les plus dangereux au sein des réseaux jihadistes.

