Une importante affaire de fraude interne secoue la CBAO-Attijariwafa Bank. Au centre du dossier figure Hady Ndongo, 38 ans, chargé de compte à l’agence de Ngor, arrêté par la Division spéciale de cybersécurité (DSC) avant d’être déféré au parquet. Les enquêteurs le soupçonnent d’avoir mis en place un mécanisme sophistiqué ayant causé un préjudice financier de plusieurs dizaines de millions de francs CFA à son employeur.

Selon les conclusions de l’enquête, le mis en cause aurait exploité ses accès et ses fonctions pour réaliser de fausses opérations de change portant sur des devises étrangères. Le procédé consistait notamment à enregistrer des achats fictifs de dollars et d’euros à partir de comptes de caisse auxiliaires, sans qu’aucune transaction réelle ne soit effectuée. Les montants correspondants étaient ensuite détournés en monnaie locale.

Pour masquer ces irrégularités, Hady Ndongo aurait procédé à des ventes fictives de devises au profit de clients inexistants ou utilisé certains comptes afin de dissimuler les écarts comptables générés par ses manipulations. Les enquêteurs indiquent également qu’il effectuait régulièrement des ajustements artificiels sur les positions de change dans le but de maintenir une apparente cohérence des comptes et d’échapper aux contrôles internes.

Les investigations ont aussi révélé une tentative de destruction de preuves. Plusieurs documents comptables jugés compromettants auraient été volontairement éliminés. Toutefois, une partie de ces pièces a pu être récupérée par les contrôleurs de la banque, qui les ont retrouvées dans une poubelle lors des vérifications.

Le préjudice provisoirement établi est particulièrement lourd. Il est estimé à 43 146 169 francs CFA, auxquels s’ajoutent 55 700 dollars américains, 17 000 euros et 2 342 640 francs CFA prélevés sur le compte d’une cliente.

Face aux enquêteurs, le chargé de compte a reconnu les faits qui lui sont reprochés. Pour expliquer ses agissements, il a évoqué une dette de 7 millions de francs CFA contractée auprès d’un ami vivant en Espagne. Selon ses déclarations, cette dette remontait à un déficit de caisse enregistré en décembre 2019 alors qu’il travaillait à l’agence CBAO de Gossas.

Bien qu’il affirme avoir remboursé cette somme, il soutient être resté confronté à d’importantes difficultés financières. Il explique également avoir développé une dépendance aux jeux de hasard, notamment aux paris sportifs via l’application Melbet, une situation qui aurait aggravé ses problèmes financiers et contribué à son passage à l’acte.

L’enquête se poursuit afin de déterminer l’étendue exacte des détournements et d’établir d’éventuelles responsabilités supplémentaires dans ce dossier qui ébranle l’un des principaux établissements bancaires du pays.

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