Alors que les combats s’intensifient sur plusieurs fronts au Soudan, l’armée gouvernementale renforce ses capacités militaires. Khartoum vient notamment de recevoir une centaine de véhicules blindés de fabrication pakistanaise, financés par l’Arabie saoudite. Ce soutien marque un tournant pour Riyad, jusque-là engagé dans des efforts de médiation entre l’armée et les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR).

Une centaine de blindés pour renforcer les fronts

L’armée soudanaise reçoit de nouveaux moyens pour poursuivre ses opérations dans les régions du Kordofan et du Darfour. Selon plusieurs sources, l’Arabie saoudite a financé l’acquisition de 100 véhicules blindés Mohafiz V fabriqués par Pakistan Military Industries.

Ces engins légers sont particulièrement adaptés aux conditions du terrain. Des officiers ont ainsi expliqué à Sudan Tribune que ces véhicules offrent une forte mobilité et restent relativement simples à entretenir. Khartoum compte notamment les utiliser sur les fronts du Kordofan et du Darfour, où les combats opposent toujours l’armée aux FSR.

Par ailleurs, l’armée soudanaise a exposé une partie de ces nouveaux équipements lors d’un défilé organisé dimanche 2 août à Khartoum. À travers cette démonstration, les autorités ont affiché publiquement l’arrivée de ce nouveau soutien militaire.

Khartoum affiche sa détermination

Sur le terrain, l’armée entend désormais poursuivre son offensive. Vendredi 7 août, le ministre soudanais de la Défense, le lieutenant-général Hassan Daoud Karun, a réaffirmé la détermination des forces gouvernementales à poursuivre leurs opérations militaires.

Le ministre a notamment promis de combattre ceux qu’il qualifie de « traîtres », une expression visant les paramilitaires des Forces de soutien rapide sans les nommer directement.

Dans le même temps, le Premier ministre Kamel Idriss a évoqué « les efforts en cours pour libérer le Darfour », confirmant ainsi la priorité accordée par les autorités à cette région stratégique.

Riyad change de posture

Ce soutien militaire saoudien constitue surtout une évolution notable de la position de Riyad dans le conflit soudanais.

Depuis le début de la guerre, l’Arabie saoudite avait joué un rôle de médiateur entre l’armée dirigée par le général Abdel Fattah al-Burhan et les Forces de soutien rapide commandées par Mohamed Hamdan Dagolo, dit « Hemedti ».

Après la reprise de Khartoum par l’armée en mars dernier, Riyad avait principalement concentré son aide sur le secteur civil. Le royaume avait notamment financé des hôpitaux, des stations de traitement de l’eau et des centrales électriques.

Cependant, la position saoudienne semble désormais évoluer. Le différend qui oppose Riyad aux Émirats arabes unis, devenu public en décembre 2025, aurait notamment contribué à ce changement de posture.

Une offensive qui s’étend au Kordofan et au Darfour

Sur le terrain, l’armée poursuit parallèlement son renforcement. Elle déploie notamment des troupes supplémentaires dans le Kordofan du Nord, une région devenue l’un des principaux théâtres d’affrontements entre les deux camps.

L’armée affirme avoir récemment repris du terrain et repoussé plusieurs attaques des FSR. Cette dynamique traduit une stratégie désormais plus offensive de Khartoum, qui cherche à consolider ses positions et à poursuivre son avancée vers les zones contrôlées par les paramilitaires.

Toutefois, cette intensification des combats entraîne de nouvelles vagues de déplacements de populations.

Près de 7 000 personnes fuient les combats

Selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), près de 7 000 personnes ont quitté les zones touchées par les affrontements au Darfour occidental depuis le début des nouveaux combats, le 4 août.

La région de Bir Saliba figure notamment parmi les secteurs les plus affectés. Face à l’intensité des affrontements, la majorité des familles déplacées ont franchi la frontière pour rejoindre le Tchad, selon l’OIM.

Ainsi, alors que l’armée soudanaise renforce ses capacités avec l’arrivée de nouveaux blindés, le conflit continue de s’étendre et de provoquer de nouveaux déplacements. Le changement de posture de Riyad pourrait, par ailleurs, peser davantage sur l’équilibre militaire et diplomatique de cette guerre qui oppose l’armée aux FSR depuis plus de trois ans.

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