À la prison de Diourbel, un détenu occupant les fonctions de chef de chambre comparaît pour une présumée escroquerie. Il aurait soutiré 250 000 FCFA à un codétenu âgé de 72 ans en lui promettant une grâce présidentielle pour la Tabaski. Le tribunal rendra son verdict ce jeudi 25 juin 2026.
Une promesse de grâce présidentielle contre de l’argent
Déjà placé en détention préventive depuis huit mois dans le cadre d’une autre affaire d’escroquerie à Touba, S. M. Dramé fait désormais face à de nouvelles poursuites judiciaires. Selon L’Observateur, l’actuel chef de la chambre 11 de la prison de Diourbel est accusé d’avoir promis à l’un de ses codétenus une grâce présidentielle en échange de 250 000 FCFA.
D’après les éléments rapportés par le quotidien, le prévenu aurait assuré à sa victime qu’un dignitaire mouride, présenté sous le nom de « Cheikh Sarr », pouvait intervenir auprès du président de la République, Bassirou Diomaye Faye, afin d’obtenir sa libération anticipée. Convaincu par cette promesse, le détenu aurait fait parvenir la somme demandée par transfert Wave.
Un détenu vulnérable en quête de liberté
La victime, identifiée comme M. Ba, est un berger de 72 ans, père de neuf enfants et époux de trois femmes. Il purgeait une peine de trois mois ferme pour coups et blessures volontaires.
Souffrant de problèmes de santé et souhaitant retrouver sa famille à Touba Belel pour célébrer la Tabaski, le septuagénaire aurait accepté l’offre sans hésiter. Cependant, ses espoirs se sont rapidement envolés.
En effet, à la veille de la fête, il découvre que son nom ne figure pas sur la liste des détenus bénéficiaires de la grâce présidentielle. Profondément déçu et se considérant victime d’une escroquerie, il décide alors de déposer une plainte contre son chef de chambre.
Deux versions opposées devant le tribunal
À la barre, S. M. Dramé a rejeté les accusations. Il affirme n’avoir encaissé aucun montant et soutient qu’il s’est uniquement contenté de jouer un rôle d’intermédiaire, sans contrepartie financière.
De son côté, M. Ba a catégoriquement contesté cette version. Devant le tribunal, il a déclaré que le prévenu lui avait personnellement communiqué le numéro de téléphone utilisé pour le transfert et lui avait confirmé la réception de l’argent.
Le parquet requiert une peine ferme
Au regard des éléments du dossier, le procureur s’est dit convaincu de la culpabilité du prévenu. Il a ainsi requis une peine d’un an d’emprisonnement ferme à son encontre.
La défense, pour sa part, a plaidé la relaxe, estimant que les accusations ne reposaient pas sur des preuves suffisantes.
Le tribunal a mis l’affaire en délibéré. Le verdict est attendu ce jeudi 25 juin 2026.

