Contrairement à une idée reçue, les banques n’utilisent pas automatiquement tous les dépôts de leurs clients pour accorder des crédits. Elles conservent une partie de leurs liquidités auprès de la Banque centrale ou dans des placements sécurisés afin de respecter la réglementation, gérer les risques et préserver leur stabilité financière.
Les crédits ne dépendent pas uniquement des dépôts
Déposer de l’argent sur un compte bancaire ne signifie pas que cette somme sera immédiatement prêtée à un autre client. Avant d’accorder un crédit, une banque évalue la capacité de remboursement de l’emprunteur, le niveau de risque et la conjoncture économique.
Même avec d’importantes liquidités, elle peut choisir de limiter ses prêts si les perspectives économiques sont incertaines.
Pourquoi les banques gardent une partie de leurs liquidités
La BCEAO impose aux banques de conserver une partie de leurs ressources sous forme de réserves obligatoires. Ces fonds servent à garantir la stabilité du système financier et à permettre à la banque centrale de réguler la circulation de la monnaie.
Les banques détiennent également des réserves supplémentaires pour faire face à d’éventuels retraits massifs ou à des crises financières. Depuis la crise mondiale de 2008, les règles prudentielles, notamment les accords de Bâle III, ont renforcé ces exigences.
Un équilibre entre sécurité et rentabilité
Les banques cherchent en permanence le meilleur équilibre entre financement de l’économie et maîtrise des risques. Accorder un crédit est plus rentable, mais comporte un risque de défaut. À l’inverse, déposer des fonds auprès de la banque centrale ou acheter des obligations d’État offre davantage de sécurité, même si les rendements sont plus faibles.
Dans l’UEMOA, les crédits à l’économie dépassaient 23 000 milliards de FCFA fin 2024, tandis que les dépôts bancaires représentaient plus de 30 000 milliards de FCFA, selon la BCEAO.
La création monétaire dépend des crédits
Contrairement aux idées reçues, les banques créent de la monnaie lorsqu’elles accordent des crédits, et non lorsqu’elles reçoivent des dépôts. Toutefois, cette création monétaire reste encadrée par des règles strictes en matière de fonds propres, de liquidité et de supervision bancaire.
En définitive, si une banque conserve une partie de ses liquidités plutôt que de les prêter, cela ne traduit pas un manque de financement de l’économie. Ce choix répond avant tout à des exigences de prudence, de réglementation et de gestion des risques afin d’assurer la solidité du système bancaire.
