Des milliers de Sud-Africains manifestent contre l’immigration clandestine
Des milliers de Sud-Africains ont manifesté mardi dans plusieurs villes du pays lors de la première journée d’une mobilisation nationale contre l’immigration clandestine. Les organisateurs de cette campagne, marquée par un discours aux accents xénophobes, exigent le départ des étrangers en situation irrégulière avant le 30 juin.
À Johannesburg, Durban et dans d’autres grandes villes, les manifestants ont défilé derrière des hommes portant des bâtons et des boucliers traditionnels zoulous. Plusieurs commerces ont fermé leurs portes et le trafic routier a fortement diminué en raison des craintes de violences.
La police sécurise les manifestations
Les autorités ont déployé d’importants effectifs de police pour prévenir les débordements. Les forces de l’ordre ont procédé à quelques arrestations pour des pillages et des tentatives de pillage, tout en soulignant que les rassemblements sont restés globalement pacifiques.
Les organisateurs ont toutefois annoncé leur intention de poursuivre leur mouvement au-delà du 30 juin.
Plus de 25 000 immigrés quittent le pays
La campagne a déjà poussé plus de 25 000 ressortissants africains, originaires notamment du Malawi, du Zimbabwe, du Mozambique, du Nigeria, du Ghana et d’Éthiopie, à quitter l’Afrique du Sud.
Plusieurs gouvernements africains ont organisé des opérations de rapatriement par bus ou par avion afin de permettre à leurs ressortissants de regagner leur pays.
À Johannesburg, au Cap et à Pietermaritzburg, de nombreux étrangers attendent toujours devant leurs consulats ou dans des camps de fortune avant leur départ.
Les immigrés accusés de multiples maux
Les groupes à l’origine de la mobilisation accusent les immigrés clandestins de prendre les emplois des Sud-Africains, de faire augmenter les loyers, d’encombrer les services de santé et d’alimenter la criminalité, dans un pays où le taux de chômage dépasse 32 %.
Ces accusations ne reposent toutefois sur aucune statistique officielle.
Des violences et des tensions persistantes
Depuis le début de la campagne, plusieurs actes de violence ont été signalés. Quatre personnes, dont deux Mozambicains, un Éthiopien et un Malawite, ont perdu la vie. Des commerces appartenant à des étrangers ont également été pillés.
Dans les quartiers populaires, de nombreux immigrés affirment avoir perdu leur emploi ou leur logement après avoir subi des pressions et des menaces.
Un contexte électoral tendu
Cette mobilisation intervient à quelques mois des élections municipales prévues le 4 novembre. Plusieurs observateurs estiment que certains partis politiques exploitent la question migratoire pour séduire une partie de l’électorat.
Face aux risques d’escalade, les autorités du KwaZulu-Natal ont appelé au calme. Elles ont assuré qu’elles ne laisseraient pas la province replonger dans les violences qui avaient déjà fait plusieurs centaines de morts en 2021.
