Paris accueille, du 30 juin au 2 juillet 2026, le neuvième Congrès mondial contre la peine de mort. Organisé par l’ONG Ensemble contre la peine de mort (ECPM), l’événement réunit des responsables politiques, des experts et d’anciens condamnés à mort pour défendre l’abolition de la peine capitale, alors que plusieurs pays enregistrent une recrudescence des exécutions.

Une mobilisation internationale pour l’abolition

La capitale française accueille le principal rendez-vous mondial des défenseurs de l’abolition de la peine de mort. Le congrès, organisé par l’ONG Ensemble contre la peine de mort (ECPM), se déroule à la Maison de la Radio avant de s’achever à l’hôtel de Lassay, résidence de la présidente de l’Assemblée nationale.

Selon l’ambassadrice française pour les droits de l’homme, Isabelle Lonvis-Rome, cette rencontre intervient dans un contexte marqué par une hausse des exécutions dans plusieurs pays, malgré les progrès enregistrés à l’échelle mondiale.

Aujourd’hui, 114 États ont définitivement aboli la peine capitale, mais 47 pays continuent de l’appliquer, dont les États-Unis.

Une recrudescence des exécutions

Isabelle Lonvis-Rome estime que certains États utilisent de plus en plus la peine de mort comme un instrument de répression politique, de contrôle social ou de réponse aux crises sécuritaires.

Elle souligne toutefois que cette tendance reste limitée à un nombre restreint de pays et contraste avec la progression du mouvement abolitionniste dans le reste du monde.

Selon ECPM, la Chine, l’Iran, l’Arabie saoudite et l’Irak figurent parmi les pays ayant procédé au plus grand nombre d’exécutions en 2024. En Iran, les autorités ont exécuté au moins 1 639 personnes en 2025, un niveau inédit depuis 1989, d’après les données d’Iran Human Rights et de l’ECPM.

Les témoignages d’anciens condamnés

Le congrès donne également la parole à plusieurs anciens condamnés à mort, dont Philippe Maurice, dernier condamné à mort en France, gracié en 1981 par François Mitterrand.

L’Américain Daniel Gwynn participe lui aussi aux débats. Condamné à mort à l’âge de 24 ans, il a passé près de trente ans dans le couloir de la mort avant d’être innocenté en 2024.

Il affirme avoir été victime d’une erreur judiciaire et d’un système discriminatoire. « J’ai été condamné à mort et placé à l’isolement pendant 28 ans », témoigne-t-il, expliquant n’avoir reçu ni excuses ni indemnisation après sa libération.

« La peine de mort ne dissuade pas la criminalité »

Daniel Gwynn estime que la peine capitale ne constitue pas une réponse efficace à la criminalité.

Selon lui, les exécutions n’empêchent pas la commission de nouveaux crimes et ne produisent aucun effet dissuasif. Il plaide ainsi pour des sanctions plus humaines, affirmant qu’il est possible de punir les auteurs de crimes sans recourir à la peine de mort.

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