Le Burkina Faso, le Mali et le Niger sortiront officiellement de la Cour pénale internationale (CPI) en juin 2027. Les trois pays de l’Alliance des États du Sahel (AES) ont déposé leur notification de retrait en juin 2026, conformément à la procédure prévue par le Statut de Rome. La décision suscite déjà de vives réactions de la CPI et des organisations de défense des droits humains.
Les trois pays sahéliens enclenchent leur retrait
Le Burkina Faso, le Mali et le Niger quitteront officiellement la Cour pénale internationale en juin 2027. Des documents des Nations unies, consultés jeudi par l’AFP, confirment cette échéance.
Les trois régimes militaires avaient annoncé, dès septembre 2025, leur intention de se retirer de la juridiction internationale. Ils dénonçaient alors une institution qu’ils considéraient comme un « instrument de répression néocoloniale aux mains de l’impérialisme ».
Les notifications officielles déjà déposées
Le Niger a officiellement transmis sa demande de retrait le 18 juin 2026. Six jours plus tard, le Burkina Faso et le Mali ont suivi la même procédure.
Le secrétaire général des Nations unies, dépositaire du Statut de Rome, a enregistré ces notifications. Conformément au traité fondateur de la CPI, le retrait prendra effet un an après leur dépôt officiel.
Bamako, Ouagadougou et Niamey dénoncent une justice politisée
Dans sa notification, le Mali estime que la justice pénale internationale ne remplit plus pleinement sa mission. Les autorités maliennes dénoncent une instrumentalisation politique de la Cour, qu’elles jugent contraire à son mandat initial.
De son côté, le Burkina Faso considère que la CPI s’est progressivement éloignée de ses principes fondateurs. Ouagadougou accuse l’institution d’appliquer une justice sélective et politisée, au détriment de son impartialité.
Le Niger partage cette analyse. Les autorités nigériennes évoquent un détournement des objectifs de la juridiction internationale ainsi que son instrumentalisation.
La CPI et Amnesty International expriment leur inquiétude
La Cour pénale internationale dit avoir pris acte de ces retraits avec préoccupation. Elle regrette la décision des trois États sahéliens.
Amnesty International affiche également son inquiétude. Son directeur pour l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale, Marceau Sivieude, estime que cette décision risque de priver des milliers de victimes de leur droit à la vérité, à la justice et à des réparations.
Selon lui, ce retrait éloigne ces États de leurs obligations internationales et pourrait renforcer l’impunité.
Une juridiction toujours contestée
Créée en 2002, la Cour pénale internationale poursuit les auteurs présumés de génocide, de crimes contre l’humanité, de crimes de guerre et du crime d’agression lorsque les juridictions nationales ne peuvent ou ne veulent pas agir.
Jusqu’à présent, la CPI comptait 125 États parties. Les États-Unis, la Russie, la Chine, Israël et la Birmanie ne figurent pas parmi ses membres.
Depuis plusieurs années, l’institution fait l’objet de critiques, notamment en Afrique. Plusieurs dirigeants africains lui reprochent de cibler principalement des personnalités du continent.
Un contexte sécuritaire toujours explosif
Le Burkina Faso, le Mali et le Niger restent confrontés à une insécurité persistante. Les groupes jihadistes affiliés à Al-Qaïda et à l’organisation État islamique poursuivent leurs attaques dans la région.
Parallèlement, plusieurs organisations internationales accusent les forces armées de ces trois pays d’avoir commis des exactions contre des populations civiles. Dans ce contexte, leur retrait de la CPI relance le débat sur la lutte contre l’impunité et la protection des victimes.

