Les appels au départ de Pape Thiaw se multiplient après la récente contre-performance des Lions. Toutefois, la Fédération sénégalaise de football (FSF) ne peut pas mettre fin au contrat du sélectionneur sans respecter un cadre juridique strict. L’avocat spécialisé en droit du sport, Me Moustapha Camara, rappelle que toute rupture abusive pourrait coûter cher à l’instance dirigeante.

Un contrat protégé par le droit

La défaite du Sénégal alimente les critiques contre Pape Thiaw. De nombreux supporters réclament désormais son départ. Cependant, sur le plan juridique, la Fédération sénégalaise de football ne dispose pas d’une totale liberté.

Interrogé jeudi sur les ondes de la RFM, Me Moustapha Camara explique que le contrat d’un sélectionneur national constitue un contrat à durée déterminée (CDD) soumis à des règles précises.

« Le contrat d’entraîneur est un contrat spécifique au football. Il est encadré par le droit du travail, les règlements de la Fédération sénégalaise de football ainsi que par les conventions applicables au secteur », souligne-t-il.

Une rupture possible, mais sous conditions

Selon le juriste, la FSF peut mettre fin au contrat de son sélectionneur, à condition de respecter les dispositions légales.

La solution la plus simple reste une séparation à l’amiable. Les deux parties peuvent alors négocier les modalités de leur rupture.

« Les deux parties peuvent trouver un accord. La Fédération peut convenir d’une indemnisation, par exemple en versant plusieurs mois de salaire, puis mettre fin au contrat d’un commun accord », précise Me Camara.

Les mauvais résultats ne suffisent pas

En revanche, l’avocat insiste sur un point essentiel. Les contre-performances sportives ne constituent pas, à elles seules, un motif légal de licenciement.

« Les mauvais résultats sportifs ou la perte de confiance ne suffisent pas, à eux seuls, à justifier la rupture anticipée du contrat d’un entraîneur », affirme-t-il.

Ainsi, une décision fondée uniquement sur les résultats pourrait être contestée sur le plan juridique.

Un licenciement abusif pourrait coûter cher

Me Moustapha Camara met également en garde la Fédération contre les conséquences d’une rupture unilatérale sans fondement légal.

Si la FSF résiliait le contrat de Pape Thiaw sans motif reconnu par le droit, elle devrait assumer les conséquences financières prévues par le contrat.

« Si son contrat est de deux ans et qu’il est rompu sans base légale, la Fédération devra assumer les conséquences financières, notamment en versant les salaires dus ou les indemnités prévues », explique-t-il.

La FSF face à ses obligations contractuelles

Pour Me Moustapha Camara, la pression populaire ne peut pas se substituer au droit.

La Fédération devra donc concilier les attentes des supporters avec ses obligations contractuelles. Toute décision concernant l’avenir de Pape Thiaw devra respecter les dispositions légales afin d’éviter un contentieux coûteux.

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