Le nord et le centre du Mali ont été le théâtre d’une série d’attaques coordonnées samedi à l’aube. Des combattants du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM) et du Front de libération de l’Azawad (FLA) ont ciblé plusieurs positions militaires ainsi qu’une prison. Si les combats se poursuivent dans certaines localités, l’armée malienne assure avoir repris le contrôle de la situation à Sévaré.

Plusieurs localités prises pour cible

Une nouvelle offensive coordonnée a frappé le Mali, samedi 4 juillet, dès les premières heures de la matinée. Selon des sources militaires, sécuritaires et des habitants, des combattants ont attaqué simultanément les villes de Gao, Anefis, Aguelhok et Sévaré, ainsi que la prison de Kéniéroba, située à une quarantaine de kilomètres de Bamako.

Les combattants du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda, ont lancé ces assauts vers 5 heures du matin avec l’appui du Front de libération de l’Azawad (FLA), un mouvement séparatiste touareg.

Sévaré reprend son souffle

À Sévaré, dans le centre du pays, de violentes explosions ont retenti à l’aube, provoquant un important déploiement des forces de sécurité. Peu après le début des affrontements, plusieurs aéronefs militaires ont été aperçus au-dessus de la ville.

Des comptes proches des autorités ont diffusé sur les réseaux sociaux des vidéos présentées comme montrant la riposte des Forces armées maliennes (FAMa). Selon ces sources, l’armée a repoussé l’attaque et a repris le contrôle de la ville. Toutefois, aucun organisme indépendant n’a encore vérifié l’authenticité des images ni confirmé ces affirmations.

Les affrontements se poursuivent à Anefis

Dans la région de Kidal, les combats restent particulièrement intenses à Anefis. Le porte-parole du Front de libération de l’Azawad (FLA), Mohamed Elmaouloud Ramadane, a déclaré à l’AFP que les combattants rebelles avaient pris plusieurs positions, tout en précisant qu’ils poursuivaient les affrontements à l’intérieur de la ville.

Des habitants indiquent que des groupes armés circulent dans Anefis, tandis que les forces armées maliennes défendent toujours leur camp militaire, qui résistait encore aux assauts au moment des derniers témoignages.

Gao, Aguelhok et Kéniéroba également visés

À Gao, des tirs d’armes lourdes et des roquettes ont visé un camp militaire avant le lever du jour. Les autorités n’ont pas précisé l’identité des assaillants.

Plus au nord, Aguelhok figure également parmi les localités ciblées. Avec Anefis, cette ville constitue l’un des derniers bastions des FAMa dans la région de Kidal, après les offensives menées fin avril par les groupes rebelles.

La prison de Kéniéroba a elle aussi été attaquée. L’établissement pénitentiaire, qui accueille notamment des détenus poursuivis pour des faits liés au terrorisme, a été la cible de tirs nourris. Un prisonnier a indiqué à l’AFP que les échanges de coups de feu se poursuivaient au moment de son témoignage.

Une pression croissante sur les forces maliennes

Ces nouvelles attaques interviennent un peu plus de deux mois après une importante offensive menée par les mêmes groupes armés contre les autorités maliennes. À cette occasion, plusieurs bases militaires avaient été attaquées dans le nord du pays, illustrant la capacité des insurgés à mener des opérations simultanées sur plusieurs fronts.

Le JNIM et le Front de libération de l’Azawad poursuivent leur coopération militaire contre les Forces armées maliennes et leurs alliés d’Africa Corps, la force paramilitaire russe déployée au Mali après le retrait du groupe Wagner en juin 2025.

Cette nouvelle série d’attaques confirme que, malgré les opérations militaires en cours, les groupes armés conservent une forte capacité de nuisance et continuent de défier les autorités sur plusieurs théâtres d’opérations.

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