Mouhamed Thiam, 18 ans, étudiant et fils du ministre de la Culture, Alpha Thiam, a comparu ce mercredi devant le Tribunal des flagrants délits de Dakar. Poursuivi pour faux et usage de faux ainsi que pour blessures involontaires après un accident impliquant un Toyota Prado appartenant à la Présidence de la République, le jeune homme a finalement écopé de trois mois d’emprisonnement avec sursis et d’une amende de 100 000 francs CFA.

Un accident impliquant un véhicule de la Présidence

Les faits remontent à la nuit du 14 août. Mouhamed Thiam conduisait alors un Toyota Prado immatriculé AD, appartenant à la Présidence de la République du Sénégal.

Selon les éléments du dossier, le jeune conducteur roulait à vive allure et sans plaques d’immatriculation sur l’axe reliant l’Ambassade des États-Unis au rond-point du Club Med.

À l’approche du rond-point, il a perdu le contrôle du véhicule. Dans sa course, le Toyota Prado a d’abord percuté une Mitsubishi appartenant à Cheikh Tidiane Mbaye et stationnée devant son domicile. Le véhicule a ensuite heurté le vigile Cheikh Tidiane Mengue, qui montait la garde, assis sur une chaise à l’angle de la maison.

Alertés, les éléments de la Brigade de Ngor se sont immédiatement rendus sur les lieux. Les secours ont évacué Cheikh Tidiane Mengue à l’Hôpital Principal de Dakar. Après les examens médicaux, la victime a pu regagner son domicile. Les médecins n’ont constaté aucune blessure grave.

Les enquêteurs découvrent un faux permis

Toutefois, l’enquête a rapidement pris une autre direction lorsque les policiers ont vérifié les documents présentés par le jeune conducteur.

Les enquêteurs ont découvert que son permis international reposait sur un prétendu permis national français. La vérification effectuée auprès de la Direction de l’Automobile Club du Sénégal a finalement établi que le document était faux.

Les enquêteurs ont notamment relevé plusieurs anomalies. D’une part, le numéro 78791 dépassait largement le dernier numéro officiellement délivré par le président de l’Automobile Club, qui s’arrêtait au numéro 52177. D’autre part, les faussaires avaient également imité l’hologramme de sécurité et la signature du président de l’organisme.

À la suite de ces constatations, les autorités ont placé Mouhamed Thiam en garde à vue avant de le déférer au parquet de Dakar le 14 août. Le parquet l’a ensuite placé sous mandat de dépôt pour faux et usage de faux et blessures involontaires.

« Je voulais juste aller plus vite »

À la barre, Mouhamed Thiam a reconnu les faits. Le jeune homme a expliqué qu’il avait découvert sur Instagram une annonce proposant des permis de conduire.

« J’étais tombé sur une annonce sur Instagram pour un permis de conduire. C’est ainsi que j’ai contacté l’agence. Il m’a dit que les permis étaient internationaux. De bonne foi, je voulais bénéficier d’un permis, d’autant plus que mon père m’avait promis de le faire. Je voulais juste aller plus vite », a-t-il déclaré.

Le prévenu a également expliqué que son interlocuteur lui avait transmis sa géolocalisation et qu’ils échangeaient sur WhatsApp à travers des messages éphémères.

Interrogé sur l’accident, Mouhamed Thiam a également reconnu avoir conduit le Toyota Prado au moment des faits.

Le parquet retient la responsabilité du prévenu

Dans son réquisitoire, le procureur de la République a considéré les faits comme établis. Selon le ministère public, Mouhamed Thiam s’était procuré un permis de conduire frauduleux avant de prendre le volant et de provoquer l’accident.

Le parquet a toutefois demandé au tribunal de requalifier les faits de faux et usage de faux en complicité de faux. Il a également retenu les blessures involontaires à l’encontre du prévenu.

En conséquence, le procureur a requis six mois d’emprisonnement avec sursis et une amende de 500 000 francs CFA.

La défense plaide la clémence

Face aux réquisitions du parquet, les avocats de Mouhamed Thiam ont demandé la clémence du tribunal.

Me Moussa Diouf a regretté les faits et présenté son client comme « un jeune garçon qui a connu une erreur ».

De son côté, Me Sayba Dafankha a insisté sur l’âge du prévenu. « Il sort à peine de la minorité. Naïvement, il est allé sur Instagram pour chercher un permis de conduire. L’imputabilité et la matérialité des faits ne se discutent pas », a-t-il plaidé, avant de demander une dispense de peine.

Me Mamoune Fall a également exprimé ses regrets devant le tribunal.

Trois mois avec sursis et 100 000 francs CFA d’amende

Après délibération, le tribunal a finalement requalifié le délit de faux en complicité de faux. Il a également déclaré Mouhamed Thiam coupable de blessures involontaires.

Le jeune homme a ainsi échappé à une peine ferme. Le tribunal l’a condamné à trois mois d’emprisonnement avec sursis et à 100 000 francs CFA d’amende.

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