L’armée malienne, appuyée par les combattants russes de l’Africa Corps, est parvenue à acheminer un convoi militaire jusqu’à Anéfis, dans la région de Kidal, au terme d’intenses combats contre les indépendantistes du Front de libération de l’Azawad (FLA) et les jihadistes du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Jnim). Parti de Gao le 7 juillet, le convoi est entré dans la localité dans la soirée du 9 juillet, permettant ainsi de renforcer les troupes déjà déployées sur place.
Un convoi parvient à franchir les lignes ennemies
Après près de dix heures d’affrontements particulièrement violents, les forces maliennes et leurs alliés russes ont finalement atteint Anéfis aux alentours de 20 heures, le jeudi 9 juillet. Tout au long de leur progression, les combattants du FLA et du Jnim ont tenté de bloquer leur avancée. Malgré ces attaques répétées, le convoi a réussi à forcer le passage.
Finalement, les groupes armés se sont repliés, laissant à l’armée malienne et à l’Africa Corps le contrôle de la ville ainsi que du camp militaire d’Anéfis.
De lourdes pertes de part et d’autre
Les combats ont causé des pertes dans les deux camps. Plusieurs sources font état de morts et de blessés, tandis que des dizaines de véhicules blindés et de pickups ont été détruits. Par ailleurs, les belligérants ont diffusé des images montrant les dégâts infligés à leurs adversaires. Toutefois, aucun bilan indépendant n’a encore permis de confirmer l’ampleur exacte des pertes.
L’appui aérien a fait la différence
Selon plusieurs témoignages, l’aviation malienne a joué un rôle déterminant dans cette opération. Les frappes menées par des drones et des avions Sukhoï ont considérablement affaibli les positions des groupes armés.« Avec les drones et les avions Sukhoï, il était difficile de combattre sous une pluie de frappes », a reconnu un responsable militaire du FLA.
En outre, les forces maliennes ont bénéficié du soutien de combattants touaregs issus des groupes Gatia et MSA, alliés des autorités de Bamako. Leurs dirigeants affirment que leur parfaite connaissance du terrain a contribué au succès de l’opération.
Un renfort stratégique pour Anéfis
Grâce à cette percée, les soldats stationnés à Anéfis ont enfin reçu les renforts en hommes et en matériel qu’ils attendaient depuis plusieurs jours. Ce succès intervient après l’échec d’un précédent convoi, contraint de rebrousser chemin le 5 juillet sous la pression des groupes armés.
Pour l’heure, l’armée malienne n’a pas encore communiqué officiellement sur cette opération.
Un succès militaire qui pourrait modifier le rapport de force
Selon une source sécuritaire malienne, cette victoire pourrait marquer un tournant dans la région de Kidal. Depuis la fin avril, les forces maliennes avaient subi plusieurs revers, notamment avec la perte de Kidal et de Tessalit, avant de voir le camp d’Anéfis assiégé pendant près d’une semaine.
Désormais, le maintien du contrôle d’Anéfis pourrait permettre à l’état-major malien de lancer les opérations de reconquête annoncées au début du mois de mai.
Les groupes armés maintiennent leurs objectifs
De leur côté, les responsables du FLA minimisent l’impact de cet échec. L’un de leurs dirigeants reconnaît que la prise d’Anéfis a échoué, tout en affirmant que cette situation ne remet pas en cause leur stratégie.« Nous avons voulu conquérir Anéfis et, cette fois-ci, nous n’avons pas pu. Mais nous n’avons rien perdu », a-t-il déclaré.
En effet, les groupes armés conservent toujours le contrôle de Kidal et de Tessalit. Ils assurent également qu’ils poursuivront leurs opérations contre les forces maliennes et leurs alliés russes. Comme l’a résumé un autre responsable indépendantiste : « Ils ont remporté une bataille, mais la guerre est loin d’être terminée. »
