La tension entre l’Iran et les États-Unis s’intensifie de nouveau. Au lendemain des funérailles d’Ali Khamenei, son successeur Mojtaba Khamenei a promis une « vengeance inévitable » contre les responsables de sa mort. En réponse, Donald Trump a accusé Téhéran de préparer son assassinat et a menacé de frapper massivement la République islamique. Dans le même temps, les médiateurs régionaux tentent de relancer le dialogue.
Mojtaba Khamenei promet de venger son père
Le guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, a pris la parole pour la première fois depuis les funérailles nationales de son père, Ali Khamenei, tué lors des frappes israélo-américaines et inhumé jeudi.
Dans un message écrit vendredi et diffusé samedi, il a juré de venger sa mort ainsi que celle des victimes des récents affrontements.
« Nous jurons de venger son sang pur et celui de tous les martyrs de ces deux guerres », a-t-il déclaré, avant d’affirmer que cette vengeance constituait « la volonté de notre nation » et qu’elle s’accomplirait « inévitablement ».
Il a également averti que les responsables des attaques « emporteront dans leur tombe le souhait d’une mort paisible ».
Donald Trump menace l’Iran
De son côté, Donald Trump a accusé vendredi la République islamique de vouloir organiser son assassinat. Le président américain a adopté un ton particulièrement offensif en promettant une riposte d’une ampleur inédite.
Sur Truth Social, il a affirmé que l’armée américaine était prête, pendant une période pouvant aller jusqu’à un an, à « décimer et détruire complètement » plusieurs régions d’Iran.
Il a également assuré que « 1.000 missiles » étaient déjà dirigés vers la République islamique et que des milliers d’autres restaient disponibles.
L’Iran remet en cause son accord avec Washington
Parallèlement, le représentant iranien auprès des Nations unies, Amir Saeid Iravani, a averti que Téhéran ne se considérait plus lié par le protocole d’accord conclu en juin avec Washington si les États-Unis continuaient, selon lui, à ne pas respecter leurs engagements.
Cette déclaration traduit un nouveau durcissement de la position iranienne alors que les relations entre les deux pays restent extrêmement tendues.
Les frappes ont fait des victimes de part et d’autre
Les États-Unis ont lancé deux nuits consécutives de frappes contre l’Iran après avoir accusé Téhéran d’être responsable d’attaques contre trois navires commerciaux dans le détroit d’Ormuz.
Selon le ministère iranien de la Santé, ces bombardements ont fait 17 morts et 115 blessés.
Washington affirme avoir ciblé uniquement des objectifs militaires. En revanche, les autorités iraniennes accusent les États-Unis d’avoir également frappé des infrastructures civiles afin d’empêcher la population de participer aux funérailles d’Ali Khamenei.
En riposte, l’Iran a mené des attaques contre le Koweït, Bahreïn et le Qatar. Au Koweït, au moins une personne a été blessée.
Le chef du Conseil suprême de sécurité nationale, Mohammad Bagher Zolghadr, a par ailleurs promis une réponse à toute nouvelle attaque visant les infrastructures iraniennes, y compris contre Israël.
Les médiateurs tentent de sauver la voie diplomatique
Malgré cette escalade, plusieurs acteurs régionaux poursuivent leurs efforts de médiation.
Une délégation qatarie est arrivée vendredi en Iran afin de faciliter les discussions. De son côté, le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, s’est entretenu samedi à Mascate avec son homologue omanais, Badr al-Busaidi, pour évoquer notamment la situation dans le détroit d’Ormuz.
Selon plusieurs médias, des responsables qataris participent également à ces discussions, qui pourraient déboucher sur la création d’un couloir de navigation sécurisé dans les eaux internationales du détroit.
Le détroit d’Ormuz au cœur des négociations
Le détroit d’Ormuz demeure le principal point de friction entre les deux camps. Après les frappes israélo-américaines du 28 février, Téhéran avait bloqué cette voie maritime stratégique.
Aujourd’hui, l’Iran autorise uniquement un couloir de navigation longeant ses côtes et refuse de rétablir les conditions de circulation qui prévalaient avant le conflit.
Selon Axios et Politico, Washington a fixé à Téhéran une échéance jusqu’à samedi pour annoncer publiquement qu’il renonçait à toute attaque contre les navires transitant par le détroit d’Ormuz, une route essentielle pour le commerce mondial des hydrocarbures.

