La France affronte sa troisième canicule de l’année. Face à des températures pouvant atteindre 40 °C dans l’Ouest, le gouvernement a déclenché le plan Orsec « chaleurs extrêmes » dans les départements placés en vigilance rouge. Cette vague de chaleur, qui devrait se poursuivre au moins jusqu’au milieu de la semaine prochaine, accroît également les risques sanitaires, les incendies de forêt et les difficultés pour les travailleurs exposés.

Une canicule qui s’intensifie

Météo-France prévoit de placer, dès samedi, 24 départements du quart nord-ouest, du Morbihan à l’Île-de-France, en vigilance rouge en raison de la canicule. Cinquante-six autres départements resteront en vigilance orange. Cette vague de chaleur concernera près de 22,2 millions de personnes en alerte rouge et environ 54 millions d’habitants dans l’ensemble des zones placées sous vigilance orange ou rouge.

Les températures continueront de grimper ce week-end, avec des nuits particulièrement chaudes. Les 40 °C pourraient être atteints dans l’Ouest, où des orages violents sont également attendus. À Vivès, dans les Pyrénées-Orientales, le thermomètre n’est pas descendu sous 30,6 °C, un record de température minimale en France métropolitaine.

Le plan Orsec mobilise les services de l’État

Pour faire face à cette situation, le gouvernement a activé le plan Orsec « chaleurs extrêmes ». Ce dispositif permet aux préfets de coordonner les services de l’État, les collectivités, les secours ainsi que les acteurs sanitaires et sociaux.

Des centres de rafraîchissement ont été ouverts pour accueillir les personnes les plus vulnérables, notamment les personnes âgées, les sans-abri et les habitants de logements mal isolés. L’exécutif affirme avoir renforcé sa préparation après les critiques suscitées par les précédents épisodes caniculaires, qui ont entraîné une surmortalité, en particulier chez les plus de 75 ans.

Les Ehpad réclament des renforts

Les fédérations représentant les Ehpad demandent toutefois au gouvernement de financer des renforts estivaux. Elles estiment que les établissements disposent des équipements nécessaires, mais manquent de personnel pour assurer une surveillance renforcée et prévenir les risques de déshydratation.

L’État a récemment débloqué 100 millions d’euros afin d’équiper les Ehpad et les hôpitaux en climatiseurs mobiles, ventilateurs et rafraîchisseurs d’air. La quasi-totalité des 7 500 maisons de retraite françaises disposent désormais d’au moins une salle climatisée, certaines accueillant également les personnes âgées vivant à proximité.

Les urgences et les travailleurs sous pression

Les fortes chaleurs entraînent déjà une hausse des passages aux urgences et des consultations liées à la chaleur. Plusieurs régions subissent également des pics de pollution à l’ozone, aggravant les risques de maladies respiratoires.

Sur le terrain, les agriculteurs, ouvriers du BTP, éboueurs et autres travailleurs en extérieur restent particulièrement exposés. À Niort, les agents de collecte des déchets commencent désormais leur tournée dès 5 heures du matin afin d’éviter les températures les plus élevées.

Uber Eats et Deliveroo suspendront, de leur côté, les livraisons entre 14 h et 18 h dans les départements en vigilance rouge. Les représentants des livreurs dénoncent toutefois l’absence d’indemnisation et regrettent que cette mesure ne s’applique pas aux départements en vigilance orange.

Un risque d’incendie toujours élevé

La combinaison de la chaleur, de la sécheresse et du vent maintient un risque très élevé de feux de forêt. Depuis le début de l’année, les feux de forêt ont consumé plus de 25 000 hectares sur le territoire français, un chiffre près de deux fois supérieur à celui enregistré à la même période en 2025.

Si l’incendie des Pyrénées-Orientales, qui a ravagé 4 900 hectares, est en voie d’être maîtrisé, celui de la Drôme a déjà détruit 3 700 hectares et entraîné l’évacuation préventive de 400 personnes. Dans l’Indre, les secours ont réussi à maîtriser un feu qui a parcouru 900 hectares.

Cette nouvelle vague de chaleur illustre une nouvelle fois les conséquences du changement climatique, qui favorise des épisodes caniculaires plus fréquents, plus longs et plus intenses.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *