L’épidémie d’Ebola poursuit sa progression en République démocratique du Congo (RDC). L’épidémie touche désormais cinq provinces : l’Ituri, le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, la Tshopo et le Haut-Uélé. À Kisangani, les autorités sanitaires ont recensé quatre cas positifs, dont deux décès. Selon le ministre de la Santé, Roger Samuel Kamba, tous les cas proviennent de la zone de santé de Nia-Nia, en Ituri. Le responsable explique que plusieurs malades et dépouilles ont contourné les dispositifs de contrôle sanitaire en empruntant des itinéraires secondaires.
Des déplacements clandestins favorisent la propagation du virus
Le dernier rapport de l’Institut national de santé publique (INSP), publié le 9 juillet, recensait deux cas confirmés à Kisangani et limitait encore l’épidémie à trois provinces : l’Ituri, le Nord-Kivu et le Sud-Kivu.
Toutefois, les informations communiquées le 10 juillet par le ministre de la Santé montrent une aggravation de la situation. Elles confirment que la Tshopo et le Haut-Uélé figurent désormais parmi les provinces touchées.
Quatre cas recensés à Kisangani
Les quatre personnes contaminées à Kisangani sont toutes originaires de Nia-Nia, une zone de santé située en Ituri, à proximité de la province de la Tshopo.
Les deux premiers cas concernent deux femmes décédées après avoir contracté le virus alors qu’elles travaillaient sur des sites miniers de la région. L’une d’elles était enceinte. Respectant une tradition familiale qui interdit d’enterrer ensemble une mère et son enfant, leurs proches ont transporté les corps jusqu’à Kisangani afin d’y pratiquer une césarienne post-mortem avant les funérailles.
Pour éviter les postes de contrôle sanitaires, les familles ont voyagé de nuit en empruntant des pistes secondaires. Arrivés à Kisangani vers trois heures du matin, les corps ont été déposés dans un centre de santé qui, n’étant pas habilité à traiter Ebola, a immédiatement alerté les autorités sanitaires. Les analyses ont ensuite confirmé la présence du virus.
Un patient en fuite et un policier contaminé
Le troisième cas concerne un malade qui s’était échappé d’un centre de traitement situé près de Nia-Nia après l’incendie de cette structure par des jeunes. Porté disparu pendant plusieurs jours, il a finalement été retrouvé vivant à Kisangani.
Le quatrième malade est un policier qui avait contracté le virus à Nia-Nia avant de rejoindre la capitale provinciale.
Les autorités sanitaires ont engagé une vaste opération d’identification et de suivi des personnes ayant été en contact avec ces quatre patients.
Le Haut-Uélé également touché
L’épidémie s’est également propagée dans la province du Haut-Uélé. Selon le ministre Roger Samuel Kamba, une femme, épouse d’un militaire, est décédée à Nia-Nia. Malgré les mesures de surveillance mises en place par les autorités sanitaires, des membres de sa famille sont repartis dans le Haut-Uélé après avoir assisté à ses funérailles.
Trois de ces contacts ont quitté la zone de suivi pour rejoindre la ville de Wamba, où les équipes sanitaires les ont retrouvés. Par ailleurs, deux malades ont été transférés de Nia-Nia vers cette province. L’un d’eux est décédé.
Selon le ministre, ces déplacements ont entraîné de nouvelles contaminations, portant à environ cinq le nombre de cas recensés dans le Haut-Uélé. Il précise toutefois que cette estimation reste provisoire.
Les autorités renforcent les contrôles
Face à cette propagation, le gouvernement congolais a décidé de renforcer les points de contrôle autour des zones affectées. En collaboration avec le gouverneur militaire de l’Ituri, le ministère de la Santé cherche à limiter les déplacements entre les provinces afin de freiner la circulation du virus.
Les données de l’INSP montrent que l’Ituri demeure l’épicentre de l’épidémie. Au 8 juillet, cette province regroupait 91 % des cas confirmés et près de 86 % des décès liés à Ebola. Les zones de santé de Bunia, Rwampara, Mongbwalu, Nyankunde et Nizi concentrent l’essentiel des contaminations, tandis que Nizi enregistre actuellement la progression la plus rapide de l’épidémie.
