Les violents affrontements entre l’armée malienne et les indépendantistes touareg ont fait de lourdes pertes dans les rangs des Forces armées maliennes (FAMa). Le chef de l’armée a annoncé la mort d’une trentaine de soldats et une soixantaine de blessés. Après plusieurs jours de combats, les FAMa, appuyées par les paramilitaires russes d’Africa Corps, ont repris le contrôle d’Anéfis.

L’armée malienne annonce un lourd bilan

Le chef de l’armée malienne, le général Jean Elysée Dao, a confirmé la mort d’une trentaine de soldats lors des combats menés ces derniers jours pour le contrôle d’Anéfis, dans le nord du Mali.

Dans une interview diffusée vendredi par la télévision publique ORTM et transmise dimanche à l’AFP, il a également fait état d’une soixantaine de blessés, dont plusieurs dans un état grave.

« Je déplore la perte d’une trentaine de personnes, d’une trentaine de martyrs qui sont tombés. On a des blessés aussi, une soixantaine dont des cas graves », a-t-il déclaré.

Les rebelles revendiquent d’importantes pertes infligées

De leur côté, les indépendantistes du Front de libération de l’Azawad (FLA) affirment avoir infligé à l’armée malienne et aux paramilitaires russes d’Africa Corps « les plus lourdes pertes matérielles et humaines de leur histoire dans la région ».

Dans un communiqué publié samedi, leur porte-parole, Mohamed Elmaouloud Ramadane, a toutefois reconnu que la rébellion avait également perdu « quelques-uns de ses meilleurs fils », sans avancer de bilan chiffré.

Les FAMa reprennent le contrôle d’Anéfis

Après six jours de combats, l’armée malienne et les éléments d’Africa Corps ont repris le contrôle d’Anéfis, ont confirmé vendredi des sources militaires ainsi que les rebelles.

Depuis le 4 juillet, des soldats maliens et des paramilitaires russes étaient retranchés dans un camp militaire de la ville, où ils résistaient aux offensives menées principalement par les combattants du FLA.

Jeudi soir, des renforts venus de Gao, appuyés par un important dispositif aérien, sont parvenus à rejoindre Anéfis malgré plusieurs attaques et embuscades sur leur itinéraire.

Les Forces armées maliennes ont indiqué que leurs opérations aéroterrestres avaient permis de sécuriser le convoi et l’accès à la localité. Elles affirment avoir neutralisé « près d’une centaine » de combattants.

Le FLA évoque un retrait stratégique

Le Front de libération de l’Azawad reconnaît avoir quitté Anéfis, mais assure que cette décision répond à des considérations tactiques.

« Nous avons décidé de quitter Anéfis par stratégie et pour éviter des pertes civiles », a expliqué son porte-parole, Mohamed Elmaouloud Ramadane.

La localité, située à une centaine de kilomètres de Kidal, revêt une importance stratégique dans le nord du Mali. La ville de Kidal reste sous le contrôle des indépendantistes et des combattants du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda.

Un conflit qui continue de fragiliser le Mali

Ces affrontements illustrent une nouvelle fois la persistance de la crise sécuritaire qui secoue le Mali depuis 2012.

Le pays fait face aux attaques des groupes jihadistes liés à Al-Qaïda et à l’organisation État islamique, aux mouvements indépendantistes touareg ainsi qu’à des groupes criminels. Cette insécurité continue de peser sur un pays déjà confronté à une grave crise économique.

Depuis les coups d’État de 2020 et 2021, les autorités de transition dirigées par les militaires affirment faire de la restauration de la sécurité et de la préservation de l’intégrité territoriale leur priorité.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *