Cinq ans après les premières révélations sur le logiciel espion Pegasus, une nouvelle enquête du consortium Forbidden Stories relance l’affaire. Les journalistes affirment que plusieurs responsables français, dont le président Emmanuel Macron et l’actuel Premier ministre Sébastien Lecornu, figuraient parmi les cibles potentielles du logiciel, tandis que la France aurait elle-même envisagé d’acquérir cette technologie entre 2019 et 2020.
Une enquête qui relance l’affaire Pegasus
Une nouvelle enquête publiée le 16 juillet 2026 par le consortium Forbidden Stories apporte de nouveaux éléments sur l’affaire Pegasus, ce logiciel espion développé par la société israélienne NSO Group.
Selon les investigations, plusieurs administrations françaises auraient étudié la possibilité d’acquérir cet outil de surveillance entre 2019 et 2020.Emmanuel Macron a finalement décidé d’abandonner le projet, privilégiant la souveraineté technologique et la préservation de la réputation de la France.
Ces révélations interviennent alors que le Premier ministre français, Sébastien Lecornu, effectuait une visite officielle au Maroc, un pays déjà accusé en 2021 d’avoir utilisé Pegasus pour espionner plusieurs personnalités françaises et marocaines.
Des responsables français parmi les cibles potentielles
Laurent Richard, journaliste et fondateur de Forbidden Stories, affirme que plusieurs hauts responsables français figuraient parmi les personnes visées par Pegasus.
Selon lui, sept ministres français auraient été ciblés, dont Sébastien Lecornu. Le numéro de téléphone du président Emmanuel Macron apparaîtrait également sur la liste des cibles potentielles.
Le journaliste indique par ailleurs que des documents internes de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) estiment que les services marocains utiliseraient Pegasus depuis 2017.
Des interrogations sur les relations entre Paris et Rabat
Ces nouvelles révélations soulèvent des questions sur les échanges entre les autorités françaises et marocaines. Laurent Richard indique que son consortium a interrogé les services du Premier ministre et la présidence française afin de déterminer si les autorités avaient abordé le dossier Pegasus lors de la visite officielle à Rabat et si le Maroc leur avait garanti qu’aucune nouvelle opération d’espionnage ne viserait la France.
Selon lui, aucune réponse n’a été apportée par les autorités françaises à ces interrogations.
Des accusations d’espionnage à grande échelle au Maroc
Selon ce témoin, les services de renseignement ont surveillé de nombreuses personnes, notamment pendant le mouvement de contestation du Rif entre 2016 et 2017. Il affirme également qu’ils ont infecté certains téléphones avec Pegasus avant même leur mise en vente.
Les enquêteurs indiquent que Pegasus permet d’accéder aux données personnelles d’un téléphone, notamment aux messages, aux appels, à la caméra et au microphone, y compris sur des applications de messagerie chiffrée.
Des journalistes et militants également visés
Forbidden Stories affirme également que les autorités marocaines auraient ciblé plusieurs journalistes et défenseurs des droits humains à l’aide du logiciel espion Pegasus.
Parmi eux figure le journaliste d’investigation marocain Omar Radi, déjà au centre de précédentes révélations sur l’utilisation présumée de Pegasus.
Ces nouvelles révélations relancent ainsi un dossier particulièrement sensible, susceptible d’avoir des répercussions sur les relations entre la France et le Maroc, alors que Rabat a toujours nié avoir utilisé le logiciel Pegasus à des fins d’espionnage.
