L’ancien président sénégalais Macky Sall a participé, à New York, au débat public réunissant les six candidats en lice pour succéder à Antonio Guterres au poste de secrétaire général des Nations unies (ONU). Seul candidat africain de cette élection, il a exposé sa vision de l’organisation, en mettant notamment l’accent sur la réforme de l’ONU et le financement du développement.
Une vision axée sur la réforme de l’ONU
Face aux représentants des États membres, Macky Sall a présenté ses priorités pour les cinq prochaines années. Il a notamment plaidé pour un rétablissement de la confiance entre les États et l’Organisation des Nations unies, estimant qu’il s’agit de la condition essentielle pour renforcer son efficacité.
L’ancien chef de l’État s’est également prononcé en faveur d’une ONU plus agile, dotée d’une administration plus resserrée mais capable d’intervenir avec davantage d’efficacité, notamment dans les zones de conflit.
Une position sur la réforme du Conseil de sécurité
Interrogé sur la réforme du Conseil de sécurité, Macky Sall a affirmé qu’il utiliserait l’influence politique attachée à la fonction de secrétaire général pour encourager le dialogue entre les États membres et favoriser un consensus sur cette question.
Contrairement à plusieurs autres candidats, qui ont rappelé que cette réforme relève avant tout de la volonté des États, il a estimé que le secrétaire général pouvait jouer un rôle actif de médiation et de facilitation.
Le financement du développement au cœur de son plaidoyer
L’ancien président sénégalais a particulièrement insisté sur les difficultés d’accès au financement auxquelles sont confrontés les pays en développement.
Selon lui, le principal problème ne réside pas uniquement dans le niveau de leur dette, mais dans le coût élevé auquel ces États empruntent sur les marchés internationaux.
Pour y remédier, il a proposé la création d’un cadre de dialogue réunissant États, institutions financières internationales, agences de notation, secteur privé et société civile afin de promouvoir un accès plus équitable au financement.
Macky Sall a également plaidé pour une mobilisation accrue des investissements privés, estimant qu’ils constituent désormais un levier indispensable pour accompagner le développement économique.
Un choix assumé du français
Autre fait marquant de cette rencontre : Macky Sall a choisi de s’exprimer principalement en français, l’une des langues officielles de l’ONU, alors que la majorité des autres candidats ont privilégié l’anglais.
Il n’a utilisé l’anglais qu’au moment de son intervention finale, affirmant ainsi son attachement au multilinguisme au sein de l’organisation.
Une étape importante dans la campagne
À l’issue de ce débat, Macky Sall a présenté un programme centré sur la réforme du multilatéralisme, le renforcement de l’efficacité des Nations unies et une meilleure prise en compte des préoccupations des pays en développement.
Ce débat constitue une étape importante dans le processus de désignation du prochain secrétaire général de l’ONU, dont la nomination dépendra des consultations entre les États membres, sous l’égide du Conseil de sécurité et de l’Assemblée générale.
