Alors que les combats se poursuivent en Ukraine et en Russie, le président kazakh, Kassym-Jomart Tokaïev, a publiquement appelé Vladimir Poutine à envisager un gel du conflit. Cette déclaration, prononcée lors d’une rencontre bilatérale à Omsk, en Sibérie, intervient au moment où les négociations sur un cessez-le-feu restent dans l’impasse.
Samedi 25 juillet, les frappes menées des deux côtés de la frontière ont fait au moins 20 morts, illustrant l’intensification des attaques à longue portée au cours de ce cinquième été de guerre. Les violences continuent de provoquer un nombre croissant de victimes civiles.
Un appel inédit lancé lors d’un sommet russo-kazakh
Réunis à Omsk pour un sommet consacré à la coopération entre le Kazakhstan et la Russie, les deux chefs d’État se sont entretenus devant les caméras et plusieurs membres de leurs gouvernements.
Au cours de cet échange retransmis en direct par la télévision russe, Kassym-Jomart Tokaïev a estimé qu’il était temps de suspendre les hostilités. « Ce n’est que mon avis, mais il est peut-être temps de geler le conflit », a-t-il déclaré. Le président kazakh a également regretté les pertes humaines et appelé les parties à reprendre les négociations sur la base des accords d’Istanbul de 2022.
Vladimir Poutine reste évasif
Face à cette proposition, Vladimir Poutine a écouté son homologue sans réagir publiquement au fond de son intervention. Le président russe s’est contenté d’indiquer qu’il lui présenterait ultérieurement un exposé détaillé sur la situation en Ukraine lors de leur entretien en tête-à-tête.
Cette réponse mesurée contraste avec la portée politique des déclarations de Kassym-Jomart Tokaïev, rarement aussi explicites sur le conflit.
Le Kazakhstan maintient une position prudente
Allié de Moscou, le Kazakhstan n’a toutefois jamais apporté un soutien officiel à l’offensive militaire russe en Ukraine. À Omsk, Kassym-Jomart Tokaïev a également déclaré que les causes de cette guerre demeuraient « pas tout à fait compréhensibles pour beaucoup, y compris pour nous ».
Cette prise de position reflète la volonté d’Astana de conserver une certaine distance vis-à-vis du conflit tout en préservant ses relations avec la Russie.
Une déclaration qui fait écho aux interrogations sur la guerre
Si rien n’indique que cet appel modifiera la position du Kremlin, il intervient dans un contexte où les discussions sur un cessez-le-feu restent au point mort. Il fait également écho aux interrogations grandissantes autour de la poursuite du conflit, tant chez certains alliés de Moscou que parmi une partie de la population russe.
