Déjà détenu dans le cadre d’une procédure douanière, Khadim Bâ ouvre un nouveau front judiciaire contre Coris Bank International SA, ses filiales en Côte d’Ivoire et au Bénin, ainsi que plusieurs de leurs dirigeants. Le patron de Locafrique les accuse notamment d’avoir dissimulé une décision de l’État du Sénégal afin d’obtenir frauduleusement son engagement dans un accord de conciliation. Les banques contestées devront répondre à ces accusations devant la Chambre de jugement du Pool judiciaire financier (PJF).
Une plainte aux lourdes accusations
Khadim Bâ a saisi la Chambre de jugement du Pool judiciaire financier (PJF) d’une nouvelle plainte visant Coris Bank International SA, Coris Bank Côte d’Ivoire, Coris International Bénin ainsi que plusieurs de leurs anciens et actuels directeurs généraux. Selon Les Échos, il les poursuit notamment pour escroquerie à jugement, tentative d’extorsion de fonds et association de malfaiteurs.
À ce titre, l’homme d’affaires réclame à chacune des parties poursuivies la somme de 137,1 milliards de francs CFA à titre de dommages et intérêts. Examinée jeudi dernier par le PJF, l’affaire a toutefois été renvoyée au 26 novembre prochain afin de permettre la régularisation de la procédure.
Un litige lié au financement des importations de pétrole
Le différend trouve son origine dans deux conventions de crédit documentaire conclues en 2020 et 2021 entre un pool bancaire et la société Dermond Oil and Gaz Africa. Ces financements, d’un montant global de près de 94 milliards de francs CFA, devaient servir à l’approvisionnement en pétrole brut destiné à la Société africaine de raffinage (SAR).
Dans ce cadre, Khadim Bâ s’était porté caution personnelle à hauteur de 130 milliards de francs CFA.
Par la suite, face aux difficultés financières de Dermond Oil and Gaz Africa, l’État du Sénégal s’est, selon Les Échos, substitué intégralement et définitivement à cette société le 18 août 2023 afin de reprendre sa dette.
Khadim Bâ dénonce une dissimulation
Le patron de Locafrique affirme avoir découvert cette substitution seulement en avril 2024. Il soutient que les établissements bancaires concernés et leurs dirigeants auraient volontairement gardé cette information confidentielle afin de lui faire signer, en mars 2024, un procès-verbal de conciliation.
Selon lui, cette signature est intervenue alors qu’il n’était plus le débiteur concerné, puisque l’État du Sénégal avait déjà repris les engagements financiers de Dermond Oil and Gaz Africa. Il estime ainsi que ce procès-verbal aurait été obtenu par fraude, avant de servir de fondement à ce qu’il qualifie d’escroquerie à jugement.
Une saisie conservatoire contestée
Toujours d’après les allégations de Khadim Bâ rapportées par Les Échos, ce procès-verbal homologué aurait ensuite permis à Coris Bank d’obtenir, en septembre 2024, une ordonnance autorisant la saisie conservatoire de l’ensemble de ses biens et de ses actions pour un montant de 137,1 milliards de francs CFA.
Estimant être victime d’un acharnement et d’une tentative d’extorsion de fonds, l’homme d’affaires sollicite également la fermeture des établissements bancaires concernés ainsi que la publication de la décision de justice, sous astreinte de 50 millions de francs CFA par jour de retard.
Des accusations qui restent à trancher
À ce stade, ces accusations relèvent exclusivement de la position défendue par Khadim Bâ dans le cadre de cette procédure judiciaire. Elles devront être examinées contradictoirement par la justice, qui sera appelée à déterminer les responsabilités éventuelles des différentes parties mises en cause.

