Un haut responsable du renseignement militaire de l’est de la Libye a perdu la vie lundi 10 août dans un attentat à Benghazi. Le général de division Fawzi Al-Mansouri est mort après l’explosion d’un engin placé sur son véhicule alors qu’il regagnait son domicile à l’issue de la prière du soir.Les circonstances de l’assassinat restent floues et aucun groupe n’a revendiqué l’attaque.

Un attentat dans le quartier d’al-Hawari

Le général Fawzi Al-Mansouri a été tué dans le quartier d’al-Hawari, à Benghazi, où il résidait. Selon des sources sécuritaires, un engin explosif fixé à son véhicule a détoné alors qu’il venait de quitter la mosquée Sayyida Aisha, après la prière du soir.

Des images circulant sur les réseaux sociaux montrent les restes du véhicule incendié ainsi que la dépouille du responsable militaire.Les autorités n’ont, pour l’heure, fourni aucune indication précise sur l’identité des auteurs ou sur leurs motivations.

Le mode opératoire rappelle les attaques de la décennie précédente

Dans un communiqué, le commandement général de l’Armée nationale libyenne (ANL), dirigée par le maréchal Khalifa Haftar, affirme que le mode opératoire utilisé rappelle celui des attaques perpétrées à Benghazi avant 2014 contre des officiers de l’armée.

Cette déclaration semble orienter les soupçons vers des groupes islamistes radicaux qui avaient mené plusieurs opérations contre les forces de sécurité dans la ville à cette période.

Toutefois, le général Al-Mansouri occupait une fonction particulièrement sensible et gérait plusieurs dossiers liés au renseignement militaire. Les autorités n’excluent donc pas, à ce stade, d’autres pistes.

Un assassinat qui rompt avec plusieurs années d’accalmie

Depuis 2014, Benghazi avait connu une nette diminution des assassinats ciblés visant les hauts responsables militaires et sécuritaires de l’ANL. Les autorités de l’Est mettent régulièrement en avant cette amélioration de la situation sécuritaire pour défendre leur contrôle sur la région.

La mort du général Al-Mansouri constitue donc un événement particulièrement marquant dans une ville où les autorités revendiquent depuis plusieurs années un retour à la stabilité.

Selon Reuters, l’attentat présente un mode opératoire qui rappelle certaines attaques ciblées menées par le passé contre des responsables militaires libyens. L’agence souligne que cet assassinat pourrait témoigner de la persistance de violences ciblées contre des figures de haut rang.

Plusieurs assassinats toujours non élucidés

L’assassinat du général Al-Mansouri survient alors que plusieurs hommes à la tête des forces militaires et des groupes armés ont perdu la vie ces derniers mois à Tripoli et dans l’ouest de la Libye.

Dans plusieurs de ces affaires, les autorités ont ouvert des enquêtes, mais les conclusions n’ont pas toujours été rendues publiques. L’absence de revendication et le manque d’informations sur les investigations entretiennent ainsi les interrogations sur les réseaux responsables de ces assassinats.

Dans ce contexte, la mort du chef du renseignement militaire de l’Est pourrait raviver les tensions sécuritaires dans une Libye toujours divisée entre plusieurs centres de pouvoir.

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