L’épidémie d’Ebola qui sévit en République démocratique du Congo (RDC) prend une ampleur alarmante. Selon le chef des affaires humanitaires de l’ONU, Tom Fletcher, le virus tue désormais une personne toutes les 30 minutes. Face à la progression rapide de la maladie et au manque de financements, les Nations unies appellent la communauté internationale à renforcer d’urgence la riposte.
Une épidémie qui progresse rapidement
« Ebola est en train de gagner » en RDC, a averti vendredi 14 août Tom Fletcher, chef des affaires humanitaires des Nations unies, à l’issue d’une réunion d’urgence avec les responsables des agences de l’ONU.Selon lui, la progression actuelle du virus dépasse les capacités de réponse sanitaire. « Nous ne pouvons pas laisser le virus dépasser notre riposte », a-t-il insisté, appelant les partenaires internationaux à se mobiliser rapidement. La RDC a officiellement déclaré, le 15 mai dernier, sa 17e épidémie d’Ebola. Trois mois plus tard, la situation demeure particulièrement préoccupante. Les structures sanitaires congolaises, déjà fragilisées par un manque chronique de ressources, peinent à répondre à l’ampleur de la crise.
Plus de 2 000 décès recensés
D’après le dernier bilan communiqué par les autorités congolaises, l’épidémie a déjà provoqué plus de 2 128 décès sur 4 566 cas confirmés, seulement trois mois après son déclenchement.
Tom Fletcher estime que cette flambée constitue l’une des plus rapides jamais observées. « Elle tue une personne toutes les 30 minutes », a-t-il déclaré, soulignant que des milliers d’autres personnes restent exposées au risque de contamination.La situation rappelle la précédente grande épidémie d’Ebola en RDC, qui avait fait près de 2 300 morts parmi environ 3 500 personnes infectées entre 2018 et 2020.
L’ONU débloque des fonds supplémentaires
Pour renforcer les opérations sur le terrain, Tom Fletcher a annoncé le déploiement de 20 membres supplémentaires du personnel humanitaire en première ligne.
Les Nations unies ont également débloqué 30,5 millions de dollars supplémentaires provenant du Fonds central d’intervention d’urgence (CERF) afin de soutenir la réponse sanitaire en RDC.
Cette enveloppe vient s’ajouter aux 24 millions de dollars déjà mobilisés pour la RDC et quatre pays voisins confrontés aux risques liés à la propagation du virus.
Mais les besoins restent largement supérieurs aux ressources disponibles. Sur les 518 millions de dollars nécessaires au plan commun de préparation et de riposte lancé par Africa CDC et l’Organisation mondiale de la santé (OMS), seuls 264 millions de dollars avaient été mobilisés mercredi.
Un variant sans vaccin ni traitement spécifique
La riposte sanitaire est également compliquée par la nature du virus responsable de cette flambée. Le variant Bundibugyo actuellement à l’origine de l’épidémie ne dispose, à ce stade, d’aucun vaccin ni traitement spécifique disponible.
Face à cette situation, l’ONU appelle à une mobilisation internationale accrue. Pour Tom Fletcher, l’objectif est désormais d’empêcher le virus de prendre davantage d’avance sur les équipes sanitaires et d’éviter une aggravation de la crise.« Nous avons besoin de rapidité, de moyens à grande échelle et de solidarité », a-t-il averti.
