Les relations entre Rome et Berlin, longtemps marquées par des désaccords sur la politique migratoire, connaissent une nouvelle période de tension. L’Allemagne entend renvoyer vers l’Italie des demandeurs d’asile arrivés en premier sur le territoire européen, tandis que le gouvernement de Giorgia Meloni s’oppose à ces transferts en invoquant un accord bilatéral conclu en 2025.

Berlin veut appliquer les règles européennes

Le bras de fer entre les deux pays doit prendre une nouvelle dimension à partir du 19 août, date à laquelle l’Allemagne prévoit de commencer à renvoyer vers l’Italie certains demandeurs d’asile.

Berlin s’appuie notamment sur le règlement de Dublin ainsi que sur le nouveau Pacte européen sur l’asile et la migration, entré en vigueur le 12 juin. Les autorités allemandes peuvent transférer vers l’Italie les personnes qui sont entrées pour la première fois dans l’Union européenne par ce pays, conformément aux procédures prévues par la réglementation européenne.

Cette position intervient alors que les relations personnelles entre la Première ministre italienne Giorgia Meloni et le chancelier allemand Friedrich Merz se sont récemment améliorées. Sur le dossier migratoire, cependant, les divergences restent profondes.

Rome s’oppose aux expulsions

Le gouvernement italien conteste la démarche allemande et s’appuie sur un accord bilatéral conclu en 2025, qui, selon Rome, exclut les transferts concernant des dossiers antérieurs au 12 juin.

L’Italie a donc demandé à Berlin de suspendre les renvois prévus. Une lettre a été adressée vendredi 14 août aux autorités allemandes, mais le gouvernement allemand n’y avait pas encore répondu.

Cette confrontation intervient alors que Rome cherche à renforcer davantage sa politique migratoire. Le gouvernement Meloni fait notamment face à la progression d’une nouvelle formation d’extrême droite, Futuro Nazionale, qui exerce une pression supplémentaire sur l’exécutif italien.

Les ONG allemandes au cœur du désaccord

Rome demande également aux mécanismes européens de répartition de prendre en compte les migrants secourus au large de la Sicile par des ONG allemandes. Le gouvernement italien veut intégrer ces arrivées aux efforts de solidarité entre les États membres afin d’éviter que les pays situés aux frontières extérieures de l’Union européenne ne supportent une charge disproportionnée.Berlin devra donc trancher entre l’application des règles européennes sur les transferts de demandeurs d’asile et les demandes formulées par son partenaire italien.

Une première expulsion particulièrement sensible

Le premier cas prévu par les autorités allemandes concerne une jeune Somalienne de 22 ans. Arrivée en Europe par l’Italie, elle doit être renvoyée vers ce pays malgré le fait qu’elle ait retrouvé sa mère en Bavière à la fin du mois de mars et qu’elle ait commencé un parcours d’intégration en Allemagne.Son cas pourrait ainsi devenir emblématique du conflit qui oppose actuellement Rome et Berlin sur l’application des nouvelles règles européennes en matière d’asile.Au-delà de ce dossier individuel, le différend illustre les difficultés persistantes de l’Union européenne à mettre en œuvre une politique migratoire commune, alors que les États membres restent divisés sur la répartition des responsabilités et l’accueil des demandeurs d’asile.

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