Des manifestants ont forcé lundi 7 septembre l’entrée d’un bureau de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) à Tripoli, avant de dégrader les locaux et d’en chasser les occupants. La Mission d’appui des Nations unies en Libye (Manul) condamne fermement cette nouvelle intrusion, qu’elle qualifie d’« acte d’extrême violence ».
Une nouvelle intrusion dans les locaux de l’OIM
Selon des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux, plusieurs personnes ont pénétré de force dans les locaux de l’OIM à Tripoli. Elles ont ensuite endommagé le mobilier et fait sortir les personnes présentes, notamment des migrants qui se trouvaient sur place.
L’incident s’est produit lundi matin, alors que des manifestations se tiennent régulièrement devant ce bâtiment depuis plusieurs mois. Cette fois, les protestataires sont allés plus loin : après avoir saccagé les lieux, ils ont muré la porte d’entrée du bureau.
Ils ont également renouvelé leur demande de fermeture définitive des agences des Nations unies qui interviennent auprès des migrants à Tripoli, ainsi que le départ de leur personnel.
L’ONU dénonce des violences « extrêmes »
Face à cette situation, la Manul a fermement condamné l’attaque visant le personnel de l’OIM et les installations humanitaires destinées à accompagner les migrants.
L’organisation onusienne estime que de tels incidents « ne doivent pas se reproduire ». Elle a par ailleurs annoncé l’ouverture d’une enquête afin de déterminer les circonstances exactes de l’intrusion et d’identifier les responsabilités.
Pour l’heure, les autorités libyennes basées à Tripoli n’ont pas réagi publiquement à ces événements.
Les migrants au cœur d’un débat de plus en plus tendu
Cette nouvelle attaque intervient dans un contexte particulièrement sensible en Libye. Depuis plusieurs mois, la situation des migrants et des réfugiés alimente un débat de plus en plus tendu dans le pays.
Les tensions s’appuient notamment sur des accusations récurrentes concernant de prétendus projets visant à installer durablement des populations originaires d’Afrique subsaharienne en Libye.
Dans ce climat, l’ONU appelle les différentes parties à privilégier le dialogue et à éviter les actes de violence. Elle souhaite également renforcer sa coopération avec les autorités et les communautés libyennes afin de trouver des réponses constructives aux préoccupations exprimées.

