La crise qui secoue l’équipe nationale féminine de basketball prend une nouvelle tournure. Accusée par plusieurs joueuses de mauvaise prise en charge lors du séjour au Mexique, la Fédération sénégalaise de basketball (FSBB) rejette fermement ces griefs. Son président, Me Babacar Ndiaye, dénonce une tentative de dénigrement de l’instance et annonce des sanctions disciplinaires après l’audition des joueuses concernées.
La polémique enfle après le séjour au Mexique
L’élimination du Sénégal du tournoi pré-qualificatif olympique au Mexique a rapidement été suivie d’une vive polémique. Restées bloquées sur place, les Lionnes ont dénoncé plusieurs difficultés concernant notamment leur alimentation, leurs bagages et leur prise en charge logistique.
Sur les réseaux sociaux, la pivot Madjiguène Sène a notamment pris la parole pour exposer les difficultés rencontrées par le groupe. Dans un direct, elle a affirmé avoir personnellement avancé de l’argent pour assurer les repas des joueuses.
« J’ai dû moi-même débourser de ma poche pour payer à manger aux filles. »
La joueuse a ensuite indiqué que la fédération avait envoyé de l’argent aux membres du groupe.
« C’est par la suite qu’on nous a envoyé via Wave 200 000 FCFA, soit 50 000 par personne. »
Ces déclarations ont alimenté les critiques contre la FSBB et relancé le débat sur les conditions de prise en charge des équipes nationales.
Me Babacar Ndiaye réfute les accusations
Face à cette controverse, Me Babacar Ndiaye monte au créneau. Dans un entretien accordé à L’Observateur, le président de la FSBB rejette les accusations formulées par les joueuses et dénonce une volonté de nuire à l’image de la fédération.
Il qualifie notamment ces agissements de « tentative de sabotage et de dénigrement de la fédération ».
Le président de la FSBB conteste également les témoignages selon lesquels certaines joueuses auraient dû dormir à même le sol dans un aéroport. Selon lui, cette situation ne correspond pas à la réalité de la prise en charge du groupe.
« C’est prémédité, parce que c’est facile d’être dans un aéroport, de se coucher au sol, de se faire photographier, de se lever et après d’aller dans sa chambre d’hôtel. »
Pour étayer sa version, Me Babacar Ndiaye affirme disposer de documents attestant des dispositions prises par la fédération pour assurer l’hébergement des joueuses.
« Nous avons des factures d’hôtel qui attestent que toutes les fois que ça a été nécessaire, nous avons pris des dispositions. »
La FSBB défend son soutien financier
Par ailleurs, le président de la fédération réfute l’idée selon laquelle les joueuses auraient manqué de soutien financier pendant leur séjour.
Me Babacar Ndiaye affirme notamment avoir personnellement envoyé 600 000 FCFA, soit 150 000 FCFA par joueuse, afin de leur permettre de faire face à certaines dépenses, notamment après les problèmes rencontrés avec les bagages.
Il insiste également sur les moyens consacrés à leur alimentation.
« Nous avons donné suffisamment d’argent pour manger. »
Ainsi, le président de la FSBB oppose aux accusations des joueuses une version qui met en avant les efforts financiers et logistiques consentis par la fédération.
Des sanctions disciplinaires annoncées
Au-delà de la controverse sur les conditions de séjour, Me Babacar Ndiaye reproche surtout aux joueuses d’avoir choisi les réseaux sociaux pour exprimer leurs griefs, plutôt que de les soumettre directement aux responsables de l’équipe.
La fédération entend désormais tirer les conséquences de cette affaire. Toutefois, le président de la FSBB précise qu’aucune sanction ne sera prononcée avant l’audition des différentes personnes impliquées.
« De telles choses ne peuvent pas être laissées sans suite. Il y a une discipline dans un groupe. […] Il y aura des sanctions, mais on doit faire la lumière sur ce qui s’est réellement passé. »
La FSBB veut donc établir les responsabilités avant de prendre une décision définitive.
Yacine Diop particulièrement dans le viseur
Parmi les joueuses citées dans cette affaire figure la capitaine Yacine Diop. Son intervention dans la polémique semble particulièrement retenir l’attention de la direction fédérale.
Cependant, la fédération assure vouloir entendre l’ensemble des protagonistes avant de statuer. Cette étape devrait permettre de confronter les différentes versions et de déterminer précisément les circonstances dans lesquelles les incidents dénoncés se sont produits.
En attendant les auditions, la crise met davantage sous tension les relations entre la FSBB et certaines cadres de la sélection féminine. La prochaine étape sera donc décisive pour clarifier les responsabilités et tenter de ramener le calme au sein des Lionnes.
