La Gambie traverse une nouvelle période de fortes perturbations dans son approvisionnement en électricité. Des coupures prolongées, parfois de plusieurs dizaines d’heures, affectent les ménages et les activités économiques. À Sifoe, des jeunes sont descendus dans la rue pour réclamer une amélioration urgente de la situation.
Des coupures qui exaspèrent la population
La situation électrique s’est fortement dégradée ces derniers jours dans plusieurs localités gambiennes. À Sifoe, des jeunes ont manifesté pour dénoncer les coupures répétées et réclamer des mesures concrètes. Leur message est sans ambiguïté : « We need change! », soit « Nous avons besoin de changement ! ».
Selon des témoignages rapportés dans les médias locaux, certaines communautés ont subi des interruptions d’électricité pendant plusieurs jours. À Sifoe, les habitants dénoncent notamment les conséquences de ces coupures sur leur quotidien, alors que l’accès à l’eau et à l’électricité demeure déjà un enjeu majeur.
La colère dépasse désormais la seule localité de Sifoe. Dans la nuit du 7 au 8 septembre, des manifestations ont éclaté dans plusieurs endroits du pays, notamment autour de Banjul. Des protestataires ont brûlé des pneus et érigé des barricades pour dénoncer les coupures de courant.
NAWEC confrontée à de fortes contraintes
La National Water and Electricity Company (NAWEC), principale compagnie publique chargée de la fourniture d’électricité, fait face à une combinaison de difficultés techniques et opérationnelles.
L’entreprise avait déjà signalé une forte hausse de la demande liée aux températures élevées. Elle avait également fait état de problèmes techniques affectant certaines unités de production. Cette situation a conduit à la mise en place de délestages dans plusieurs régions.
La Gambie reste par ailleurs fortement dépendante des importations d’électricité à travers le réseau régional. En 2026, une baisse importante des importations, liée notamment à des problèmes techniques et à des contraintes de carburant dans le réseau régional, a aggravé les difficultés de NAWEC. Les capacités nationales de secours ont également été limitées par des opérations de maintenance.
Une crise aux conséquences économiques et sociales
Les coupures ne touchent pas uniquement les ménages. Elles perturbent également les commerces, les petites entreprises et les services essentiels. Pour de nombreux opérateurs économiques, l’instabilité de l’approvisionnement entraîne des pertes financières et augmente le recours aux groupes électrogènes.
Dans les foyers, les conséquences sont tout aussi importantes. Les températures élevées rendent les coupures particulièrement difficiles à supporter. La conservation des aliments devient également problématique, tandis que les enfants doivent parfois étudier dans l’obscurité. Le président Adama Barrow lui-même a reconnu l’ampleur des difficultés rencontrées par la population.
Le gouvernement promet une amélioration
Face à la colère grandissante, le président Adama Barrow a reconnu les difficultés provoquées par les coupures et promis des mesures pour rétablir progressivement la stabilité du réseau.
Le chef de l’État a annoncé l’arrivée de nouveaux groupes électrogènes ainsi que l’installation d’une unité supplémentaire de 24 MW. Le gouvernement prévoit également la réalisation d’une centrale solaire de 50 MW, destinée à renforcer la capacité de production nationale.
Ces annonces interviennent alors que la pression politique augmente à l’approche de l’élection présidentielle prévue en décembre. La crise électrique devient ainsi un sujet majeur de mécontentement populaire et s’ajoute aux préoccupations économiques et sociales auxquelles le gouvernement doit répondre.
Une crise qui pose la question de la stratégie énergétique
Au-delà des coupures actuelles, la situation met en lumière les fragilités structurelles du système électrique gambien. La dépendance aux importations régionales, les difficultés de maintenance des équipements et l’insuffisance des capacités de secours rendent le réseau particulièrement vulnérable aux incidents.
La multiplication des protestations montre surtout que l’électricité est devenue une question sociale et politique majeure. À Sifoe comme dans d’autres localités, les populations réclament désormais des solutions durables plutôt que des explications ponctuelles.
Pour le gouvernement gambien, l’enjeu est donc double : rétablir rapidement l’approvisionnement et renforcer durablement les capacités énergétiques du pays afin d’éviter que les coupures ne se transforment en crise politique plus profonde.

