L’Office national de lutte contre la fraude et la corruption (OFNAC) examine les risques de corruption dans les transports routiers et aériens. L’objectif consiste à identifier les failles des procédures et à proposer des mesures préventives.

L’OFNAC passe au crible les procédures

L’OFNAC réunit plusieurs acteurs du secteur à Saly, dans le département de Mbour. Pendant trois jours, représentants de l’Administration, services techniques, forces de défense et de sécurité, transporteurs, syndicats, assureurs et société civile analysent les procédures.

L’office veut identifier les points susceptibles de favoriser des pratiques corruptives. Il entend ensuite proposer des mécanismes pour mieux sécuriser ces procédures.

À l’ouverture de l’atelier, le président de l’OFNAC, Moustapha Ka, a précisé l’approche retenue. « Cartographier un risque, ce n’est pas désigner un coupable ni désigner une Administration », a-t-il déclaré.

Plusieurs procédures identifiées comme points de vigilance

Le secteur des transports concentre de nombreuses interactions entre les usagers, les professionnels et l’Administration. Ces interactions concernent notamment les autorisations, les contrôles, les sanctions et la délivrance de documents administratifs.

L’OFNAC examine ainsi les procédures liées aux permis de conduire, aux licences et aux agréments. Le contrôle technique des véhicules, le transport de passagers et de marchandises ainsi que le paiement des amendes figurent également parmi les domaines étudiés.

Moustapha Ka souligne que chaque pouvoir de décision nécessite des garanties. « Partout où existe une décision administrative, un contrôle, une autorisation, une sanction ou un pouvoir d’appréciation », les procédures doivent rester transparentes et sécurisées, a-t-il expliqué.

L’OFNAC privilégie la prévention

L’office veut ainsi compléter son approche répressive par une démarche préventive. Il cherche à repérer les failles avant qu’elles ne permettent la commission d’actes de corruption.

Cette démarche doit permettre d’identifier les vulnérabilités et de renforcer les mécanismes de contrôle. Elle associe directement les professionnels concernés à l’analyse des procédures.

Le drame de Sikilo cité comme exemple

Moustapha Ka a également établi un lien entre l’intégrité des procédures et la sécurité publique. Il a notamment évoqué l’accident de Sikilo, survenu en janvier 2023 et qui avait fait 40 morts.

Après ce drame, les autorités avaient préconisé 23 mesures. Elles portaient notamment sur l’exploitation des transports, le contrôle technique, les agréments, le permis de conduire et la dématérialisation des amendes et pénalités.

Pour le président de l’OFNAC, cet épisode montre les conséquences que peuvent entraîner certaines défaillances dans les chaînes de contrôle. « L’intégrité n’est pas seulement une question de bonne gouvernance », a-t-il affirmé. Elle peut également devenir « une question de sécurité publique ».

Une feuille de route attendue à l’issue des travaux

Au terme de l’atelier, l’OFNAC entend établir une cartographie des principaux risques dans les transports routiers et aériens.

L’exercice doit également déboucher sur un plan de mitigation des risques. L’office prévoit aussi des recommandations opérationnelles et une feuille de route.

Moustapha Ka appelle enfin les participants à échanger ouvertement sur les pratiques observées. Il souhaite faire de l’atelier un « espace de dialogue professionnel ouvert, franc et constructif » sur les mécanismes de contrôle et leurs éventuelles insuffisances.

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