Le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lo veut renforcer le rôle du secteur privé dans la transformation structurelle de l’économie sénégalaise. Réuni jeudi à Dakar avec une quinzaine d’organisations patronales et professionnelles, il a formulé six recommandations pour accompagner la mise en œuvre du référentiel « Sénégal 2050 ».
Six priorités pour le secteur privé
Selon le Premier ministre, la transformation économique engagée par l’État reposera largement sur l’initiative privée.
Il a ainsi retenu six axes prioritaires :
- restaurer le cadre de dialogue entre l’État et le secteur privé ;
- améliorer l’environnement des affaires ;
- renforcer les investissements dans l’attractivité des territoires, l’industrialisation et les filières ;
- accélérer la mise en œuvre des projets catalytiques ;
- apurer la dette intérieure de l’État envers les entreprises privées ;
- accompagner le redressement des entreprises en difficulté.
Pour assurer le suivi de ces engagements, Ahmadou Al Aminou Lo annonce la mise en place d’un groupe de travail restreint réunissant les représentants de l’État et du secteur privé.
Il souhaite également renforcer les concertations sectorielles et le dialogue au sein du secteur privé.
Le gouvernement veut améliorer l’environnement des affaires
Le Premier ministre a insisté sur plusieurs chantiers liés à l’environnement des affaires.
Il cite notamment le Code général des douanes, le Code général des impôts, ainsi que l’accélération des procédures de dédouanement et de manutention au Port autonome de Dakar.
Ahmadou Al Aminou Lo demande également la publication rapide des textes d’application du Code des investissements.
Il estime que les entreprises doivent disposer d’une information claire sur les règles qui encadrent leurs activités.
Le Premier ministre reconnaît toutefois que l’élaboration de certains textes reste soumise à des obligations de confidentialité.
Un calendrier pour l’apurement de la dette intérieure
La dette de l’État envers les entreprises privées constitue également une priorité.
Ahmadou Al Aminou Lo souhaite que des échéances soient fixées d’ici à la fin du mois d’octobre pour parvenir à son règlement.
« L’apurement de la dette sera conduit à son terme », a-t-il assuré, tout en précisant qu’un délai devra être arrêté.
Les entreprises invitées à renforcer leurs fonds propres
Pour financer les projets dits « catalytiques », le Premier ministre appelle les entreprises sénégalaises à renforcer leur capitalisation.
Il les encourage notamment à ouvrir leur capital aux fonds d’investissement et à envisager une introduction en Bourse.
Selon lui, les banques ne pourront pas accompagner certains projets d’envergure si les entreprises ne disposent pas de fonds propres suffisants.
Il invite également les PME à progresser dans les domaines de la sous-traitance, de la formation et du financement.
Le chef du gouvernement préconise, dans le même temps, la création d’un cadre de concertation réunissant le secteur privé, les banques, les fonds d’investissement et les fonds communs de placement.
Des manifestations d’intérêt pour les projets catalytiques
Ahmadou Al Aminou Lo encourage par ailleurs les entreprises sénégalaises à se regrouper pour présenter des manifestations d’intérêt sur les projets catalytiques.
Il estime que les entreprises étrangères disposent souvent d’un avantage en associant leurs manifestations d’intérêt à des propositions de financement.
Le Premier ministre invite donc les acteurs privés nationaux à adopter une démarche similaire.
Pour les autres projets, il assure que l’État facilitera leur engagement.
Un recensement des entreprises en difficulté
Le gouvernement veut également disposer d’une meilleure visibilité sur les entreprises confrontées à des difficultés.
Le Premier ministre demande au secteur privé de constituer une base de données des entreprises en difficulté.
Cette cartographie doit permettre à l’État et aux acteurs privés d’identifier les réponses adaptées et de travailler ensemble à leur redressement.
Un dialogue permanent avec le secteur privé
Enfin, Ahmadou Al Aminou Lo souhaite que le secteur privé entretienne un dialogue régulier avec les institutions.
Il a notamment insisté sur l’importance des échanges avec l’Assemblée nationale.
Pour le chef du gouvernement, la concertation ne doit pas se limiter à des rencontres ponctuelles.
D’autres réunions sont annoncées dans les prochains mois. « La concertation avec le secteur privé sera permanente », a-t-il assuré.
