Le porte-parole du khalife général des Mourides, Serigne Bassirou Abdou Khadre, a clarifié son rôle dans les demandes de passeports diplomatiques. Il a également transmis un ndigël de Serigne Mountakha appelant les autorités à agir contre l’insécurité et certaines pratiques à Touba.
« Les passeports diplomatiques ne font pas partie de mes charges »
Après avoir transmis le ndigël de Serigne Mountakha, Serigne Bassirou Abdou Khadre est revenu sur la question des passeports diplomatiques.
Il a précisé que la recherche de passeports diplomatiques pour des particuliers ne relève pas de ses responsabilités auprès du khalife.
« Trouver des passeports diplomatiques pour ceux qui en font la demande ne fait pas partie des tâches qui m’incombent dans mon rôle de tampon entre l’État et le khalife », a-t-il déclaré.
Selon lui, l’obtention d’un passeport diplomatique relève normalement du statut de diplomate. Il a toutefois rappelé que les présidents successifs ont accordé ce type de document à certaines personnalités.
Serigne Bassirou Abdou Khadre a également évoqué une démarche effectuée auprès du président Bassirou Diomaye Faye. Il a expliqué que le khalife lui avait demandé de solliciter des concessions en faveur de certains chefs religieux souhaitant obtenir un passeport diplomatique.
Ces derniers souhaiteraient notamment l’utiliser pour des déplacements liés à des soins médicaux à l’étranger ou pour rendre visite à leurs disciples.
Selon le porte-parole, le président Diomaye Faye lui aurait indiqué qu’il signe les demandes qui lui sont adressées dans ce cadre.
Serigne Bassirou Abdou Khadre a toutefois appelé les autorités à davantage de sollicitude envers les chefs religieux. Il estime que leur statut particulier doit être pris en compte dans le traitement de certaines demandes administratives.
Le khalife demande une réponse durable contre l’insécurité
Dans son message, Serigne Mountakha Mbacké a également alerté sur la dégradation de la sécurité à Touba.
Son porte-parole a notamment évoqué le phénomène des « charrettes droguées ». Selon lui, certains individus droguent des chevaux et des ânes avant d’organiser des courses-poursuites dans la ville.
Ces pratiques provoqueraient des accidents, des bagarres et des comportements dangereux. Des armes blanches seraient également utilisées lors de certaines altercations.
Serigne Bassirou Abdou Khadre a demandé aux autorités de prendre des mesures urgentes. Il les a surtout invitées à inscrire leur action dans la durée.
« Prenez vos responsabilités et faites-en sorte que les mesures prises ne durent pas deux mois avant que la débandade ne reprenne ses droits », a-t-il insisté.
Il a demandé au préfet de saisir les autorités compétentes afin d’accélérer la prise de mesures.
Agressions et braquages également dénoncés
Le porte-parole du khalife a aussi évoqué la multiplication des agressions à Touba.
Il a fait état de boutiques braquées et d’actes de délinquance qui, selon lui, prennent une ampleur préoccupante.
« Le khalife tient à ce que ce fléau soit éradiqué », a-t-il déclaré.
Le message invite ainsi les autorités administratives et municipales à renforcer leur action contre l’insécurité.
Les rejets des fosses septiques dans le viseur
Serigne Bassirou Abdou Khadre a enfin dénoncé une autre pratique observée dans la ville.
Il a évoqué le pompage de fosses septiques dont les contenus seraient ensuite déversés à l’extérieur des concessions.
Pour le porte-parole, cette pratique pose un problème environnemental et sanitaire. Il a particulièrement insisté sur la proximité de la nappe phréatique de Touba.
Il a donc appelé à mettre fin à ces déversements afin de mieux protéger l’environnement et les ressources en eau.
La déclaration s’est déroulée en présence de représentants de l’administration territoriale et du maire de Touba. À travers ce ndigël, le khalife appelle ainsi les autorités à apporter une réponse durable aux problèmes de sécurité, de salubrité et de comportements à risque dans la ville sainte.
